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Tourisme : le recul alarmant des marchés algérien et libyen s’accentue en septembre

15 octobre 2026
in Actualités
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entrées touristiques
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La crise des marchés algérien et libyen s’est de nouveau confirmée à travers les statistiques des entrées en Tunisie durant le mois de septembre 2026. Après une saison estivale marquée par un recul sensible de ces deux clientèles, les chiffres du mois de septembre témoignent d’une dégradation supplémentaire, suscitant des interrogations sur les perspectives du secteur touristique tunisien.

En août 2026, les arrivées de touristes algériens avaient chuté de 32,9 % par rapport au même mois de 2025, passant de 524 749 à 352 298. Les arrivées de visiteurs libyens avaient, quant à elles, diminué de 16,3 %, passant de 231 903 à 194 003.

Cette tendance s’est accentuée en septembre.

Selon les chiffres officiels de l’Office national du tourisme tunisien (ONTT), les arrivées en provenance d’Algérie ont enregistré une baisse de 40,1 % par rapport à septembre 2025, passant de 485 201 à seulement 290 678 visiteurs.

Le marché libyen a également poursuivi son repli, avec une diminution de 17,6 % des arrivées, qui sont passées de 224 864 en septembre 2025 à 185 289 en septembre 2026.

Un recul confirmé sur les neuf premiers mois de l’année

L’analyse des résultats cumulés de janvier à septembre 2026 confirme que le phénomène ne se limite pas aux seuls mois de la haute saison estivale.

Sur cette période, les arrivées de touristes algériens ont diminué de 6,8 %, passant de 2 599 063 en 2025 à 2 421 188 en 2026. La baisse est encore plus marquée pour le marché libyen, dont les arrivées sont passées de 1 778 459 à 1 561 983, soit un recul de 12,2 %.

Au total, les arrivées en provenance des deux marchés maghrébins ont ainsi reculé de 8,8 %, passant de 4 440 595 durant les neuf premiers mois de 2025 à 4 051 367 au cours de la même période de 2026.

Ces résultats sont d’autant plus préoccupants que les clientèles algérienne et libyenne représentent une part majeure des entrées de visiteurs étrangers en Tunisie, soit plus de la moitié selon les estimations évoquées dans le secteur, et jouent un rôle particulièrement important durant la saison estivale.

Le recul simultané de ces deux marchés constitue donc un enjeu majeur pour l’activité touristique, les établissements d’hébergement, la restauration, le commerce et les autres activités qui dépendent directement de la fréquentation des visiteurs de ces pays voisins.

Des facteurs économiques et des conditions de séjour qui pèsent sur la demande

Selon plusieurs observateurs, la baisse des arrivées algériennes et libyennes, particulièrement accentuée durant l’été, s’expliquerait par la combinaison de plusieurs facteurs.

Du côté algérien, les nouvelles règles relatives à l’allocation touristique pourraient avoir compliqué les déplacements de certains voyageurs. Du côté libyen, les difficultés économiques et monétaires continuent de peser sur le pouvoir d’achat et sur la capacité des ménages à financer leurs séjours à l’étranger.

À ces contraintes s’ajoutent l’évolution des habitudes de voyage et des modes d’hébergement, ainsi que les arbitrages des vacanciers en matière de budget, de destination et de durée de séjour.

Toutefois, les facteurs propres à la destination tunisienne ne doivent pas être négligés. Durant l’été dernier, les délestages électriques, les pénuries d’eau minérale et les coupures d’eau courante ont perturbé les conditions de séjour dans plusieurs zones. Ces difficultés ont affecté le fonctionnement des hôtels et des restaurants, mais également celui du marché de la location saisonnière, notamment des appartements et des villas situés dans les stations balnéaires.

Or, ces formules d’hébergement à des prix relativement abordables attirent traditionnellement de nombreux vacanciers algériens et libyens.

La qualité des services, la disponibilité des ressources essentielles et le rapport qualité-prix constituent donc des éléments déterminants dans le choix de la Tunisie comme destination de vacances.

Si les difficultés économiques des pays voisins échappent en grande partie à l’action des autorités tunisiennes, l’amélioration des conditions d’accueil et de séjour relève, en revanche, d’un effort national indispensable.

Quelles mesures pour relancer les marchés algérien et libyen ?

Face à cette situation, la relance des deux marchés nécessite une démarche coordonnée associant les autorités publiques, l’ONTT, les professionnels du tourisme, les transporteurs et les prestataires de services.

Plusieurs axes d’action méritent d’être privilégiés :

  1. Adapter les offres aux budgets des familles. Il convient de développer des forfaits associant transport et hébergement, des tarifs préférentiels pour les séjours prolongés ainsi que des offres destinées aux familles et aux groupes. L’objectif est de préserver l’avantage concurrentiel de la Tunisie en matière de rapport qualité-prix.
  2. Faciliter l’information et les réservations. Une meilleure visibilité sur les prix, les disponibilités, les modalités de réservation et les conditions pratiques du séjour permettrait de rassurer les voyageurs et de simplifier leur organisation. Les professionnels gagneraient également à développer les canaux de réservation directe et les offres adaptées à chaque marché.
  3. Diversifier les produits touristiques. La promotion ne devrait pas se limiter aux vacances balnéaires en été. Les courts séjours, le tourisme de bien-être, les circuits culturels, les escapades urbaines et les offres hors saison pourraient contribuer à répartir la fréquentation sur une plus longue période.
  4. Différencier les stratégies commerciales. Les marchés algérien et libyen présentent des caractéristiques économiques et des habitudes de consommation distinctes. Les campagnes de promotion doivent donc tenir compte des attentes, des budgets et des motivations propres à chaque clientèle, en s’appuyant sur une meilleure connaissance de leur évolution.
  5. Suivre les performances au-delà du nombre d’arrivées. L’évaluation des résultats doit intégrer les nuitées, la durée moyenne des séjours, les dépenses par visiteur, les taux d’occupation et la répartition des recettes entre les différentes activités touristiques. Ces indicateurs permettraient de mieux mesurer la contribution réelle de chaque marché à l’économie tunisienne.
  6. Garantir des conditions de séjour fiables, particulièrement durant l’été. La prévention des coupures d’électricité et d’eau, la sécurisation de l’approvisionnement en eau potable et la continuité des services essentiels dans les zones touristiques doivent constituer des priorités. Il est difficile de fidéliser les visiteurs et de préserver l’image d’une destination si les prestations de base ne sont pas garanties pendant les périodes de forte affluence.

Au-delà de la relance commerciale, un impératif de compétitivité

Le recul des marchés algérien et libyen en 2026 met en évidence la vulnérabilité du tourisme tunisien aux évolutions économiques et réglementaires de ses principaux marchés de proximité. Mais il souligne également l’importance des facteurs sur lesquels la destination peut agir directement : qualité des prestations, fiabilité des infrastructures, maîtrise des prix et conditions générales d’accueil.

La priorité ne consiste donc pas uniquement à retrouver les volumes d’arrivées enregistrés les années précédentes. Elle doit également viser à restaurer la confiance des visiteurs, à améliorer leur expérience et à les inciter à revenir.

Cela suppose une mobilisation concertée des acteurs publics et privés, accompagnée d’un suivi régulier des résultats et d’une capacité à réagir rapidement aux difficultés rencontrées sur le terrain.

La proximité géographique avec l’Algérie et la Libye constitue un avantage important pour la Tunisie, mais elle ne saurait suffire à garantir la fidélité de ces clientèles. Dans un environnement où les voyageurs comparent davantage les prix, les services et les conditions de séjour, la compétitivité de la destination dépendra de sa capacité à offrir des vacances accessibles, confortables et sans mauvaises surprises.

La reconquête de ces deux marchés doit ainsi être considérée non comme une simple opération promotionnelle, mais comme une priorité stratégique pour la pérennité et le développement du tourisme tunisien.

Nour Ben Mrad

 

Tags: #BusTouristiques#CriseFrontalière#VoyagesOrganisésAlgérieONTTtourismeTunisie
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