La haute saison s’est bien terminée et ses résultats sont satisfaisants, pour ne pas dire bons. Le secteur a entamé l’arrière saison avec toujours le même manque de visibilité et les mêmes incertitudes. Il continue à vivre au jour le jour.
Les professionnels sont tenus à la gorge: soit que les tours opérateurs ne communiquent pas leur état de booking à l’avance, soit que ce sont les ventes de dernière minute qui prédominent. La situation est telle qu’ils ne peuvent faire autrement.
Certes, les réservations enregistrent une légère amélioration, par rapport à l’année dernière, surtout dans les marchés classiques de l’Europe de l’Ouest; mais on est très loin du compte. On est encore au stade des frémissements et des ondes positives.
Par contre, les destinations concurrentes (la Turquie, l’Egypte, le Maroc) connaissent un meilleur redémarrage, tant au niveau de la notoriété et du branding qu’au niveau de la commercialisation et des ventes.
Pourtant, ces pays ont les mêmes problèmes sécuritaires que la Tunisie. Leur produit n’est pas -de beaucoup- meilleur que celui du tourisme tunisien qui a en sa faveur le rapport qualité/prix. La Tunisie est la destination la moins chère de la Méditerranée.
Alors où est la solution? Il faudrait, tout d’abord, apprendre à communiquer, à communiquer plus et mieux. On a beau organiser des séminaires sur la communication en temps de crise, les choses n’ont pas changé pour autant.
La solution réside dans la façon de promouvoir la destination et de commercialiser le produit, dans la manière de mener les campagnes de publicité et les actions de relations publiques. A un moment donné, il faut bien tirer un bilan et se poser des questions.
Quelle est aujourd’hui la stratégie du tourisme tunisien? En a-t-il une? Sa stratégie est-elle de ne pas en avoir une? Les actions constituent-elles une stratégie et peuvent-elles se substituer à elle? Le tourisme tunisien a besoin d’une stratégie claire, annoncée et directe.
Le plan quinquennal 2016-2020 a, certes, fixé les axes de développement du secteur; mais pas ses objectifs. Et pour développer ces axes et leur octroyer les moyens nécessaires et adéquats, il faut bien une stratégie. Sinon, comment va-t-il attirer les investisseurs?
A la veille de la Conférence Internationale sur l’Investissement, la Tunisie a besoin bien plus que d’un code des investissements, d’une loi sur le PPP, de sécurité, de stabilité sociale et d’un environnement propre. Ce sont là des fondamentaux et des conditions sine qua none.
Ce qu’il lui faut, c’est plus de dynamisme et de productivité, de valeurs et de civisme, de savoir, de savoir-faire et de savoir-vivre. C’est là que résident les valeurs ajoutées par rapport aux destinations et sites concurrents.
Et sur ce plan, tout reste à faire, tout est à refaire!
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