Dans une déclaration mercredi sur les ondes d’Express FM, le président de la Commission du tourisme à l’Assemblée des représentants du peuple, Mohamed Yahyaoui, a dressé, à l’approche de la saison estivale, un constat préoccupant concernant le secteur du tourisme qui peine, selon lui, à se réorganiser pour répondre aux défis actuels.
Considéré comme un pilier de l’économie nationale, le tourisme génère près de 8 milliards de dinars en devises chaque année. Pourtant, selon Mohamed Yahyaoui, ce secteur ne bénéficie ni d’un soutien budgétaire suffisant (avec une enveloppe estimée à 166 millions de dinars en baisse de 4%) ni d’une gouvernance efficace. Le parlementaire évoque dysfonctionnements structurels, blocages administratifs et perte de compétitivité.
Selon lui la responsabilité du secteur du tourisme est dispersée entre plusieurs ministères, notamment le Tourisme, le Transport, l’Intérieur, le Commerce et l’Environnement. Cela fragilise, selon lui, le pouvoir décisionnel, ralentit les réformes et crée de grandes difficultés dans la gestion du secteur.
L’intervenant a également évoqué un autre point important, à savoir les infrastructures vieillissantes et les investissements bloqués. Plusieurs pôles touristiques historiques, comme Hammamet, Sousse ou Monastir, souffrent d’un vieillissement avancé des infrastructures. Résultat : près de 164 hôtels sont aujourd’hui fermés, illustrant l’ampleur de la crise. Tandis que des projets d’investissement estimés à plus d’un milliard de dinars restent gelés, notamment à Tabarka, en raison de plans d’aménagement obsolètes. Dans certains cas, ces blocages poussent des investisseurs à quitter le marché tunisien.
A cela s’ajoute une lourdeur administrative persistante : l’obtention d’autorisations nécessite souvent de passer par plusieurs ministères, compliquant davantage le parcours des investisseurs.

