
Un embouteillage humain, des hordes de citoyens à pied longeant les artères de la capitale, des voitures personnelles surchargées, des écoliers désemparés… Les citoyens tunisiens se sont réveillés ce mercredi matin avec la surprise de leur vie. Pas l’ombre d’un bus, ni d’un métro à l’horizon.
Les transporteurs viennent de fomenter un véritable coup d’Etat aux usagers: la grève sauvage et anarchique illimitée décidée ce mercredi matin 10 octobre a été prise en catimini, sans le moindre préavis.
Au-delà de cette grève sauvage et irresponsable décidée sans la moindre consultation des différentes parties, le paradoxe réside dans sa cause: une banale altercation hier entre un conducteur de métro et une automobiliste dont le mari serait magistrat.
Agressée, l’automobiliste a dû porter plainte contre le transporteur qui a été arrêté dans le cadre d’une enquête judiciaire. Une arrestation qui aura suffi pour que toute la corporation des transporteurs publics (bus et métro) se mette en grève pour exiger la libération de leur collègue. Un bras de fer insensé qui porte dangereusement atteinte au bon fonctionnement de nos institutions juridiques qui ne semblent plus avoir les coudées franches pour faire appliquer le droit.
Décidément, la révolution donne désormais droit à tous les dépassements et toutes les indisciplines. Comment se fait-il qu’une grève soit décidée ainsi de façon anarchique sans que le commun des Tunisiens soit averti. Comment se fait-il que des centaines de milliers de travailleurs soient vulgairement abandonnés à leur sort sans que le gouvernement ne daigne réagir ? Comment se fait-il que des centaines de milliers de lycéens et d’écoliers soient privés de cours à cause du manque de responsabilité de certaines gens qui n’ont encore rien compris à la révolution ? Comment peut-on prendre ainsi en otage de paisibles citoyens ?
Ont-ils idée des répercussions économiques négatives que tout cela peut engendrer ? Ont-ils idée du crime qu’ils viennent de commettre ? Les syndicats doivent assumer leurs responsabilités.
Quant au gouvernement, il ne peut plus continuer à observer les choses pourrir sans qu’il ne daigne lever le petit doigt. Son sommeil du loir et sa passivité n’ont que trop duré.
Le comble, c’est que dans tous les pays du monde, les services publics ont toujours recours aux systèmes de réquisition en cas de grève. Or jusque-là aucune solution n’a été envisagée. Cette situation est une aubaine pour les sociétés privées de transport en commun, mais aussi et surtout les transporteurs clandestins qui font monter les enchères à leur guise et, chose impitoyable, entassent les clients comme des sardines.
Il est inimaginable que, à partir d’un fait aussi anodin et aussi personnel, les citoyens en paient ainsi les pots cassés ! Les sanctions doivent tomber et vite !
O. D.
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