
Files d’attente interminables, voyageurs fatigués à la mine patibulaire, retards inimaginables, pertes et retards dans l’acheminement des bagages, guichets bondés…L’aéroport de Tunis Carthage ressemble ces derniers temps à un vrai souk de dimanche de Mellassine. Certes la fin du mois d’août est la période de pic de fréquence du nombre de vols au départ des aéroports tunisiens et particulièrement celui de Tunis Carthage. Certes, la grande majorité des Tunisiens résidant à l’étranger et de très nombreux touristes choisissent cette période pour retourner en Europe. Mais tout cela justifie-t-il ce capharnaüm? Tout cela justifie-t-il ce grand bazar ?
Il y a quelques jours, Tunisair avait édité un communiqué visant à attirer l’attention des passagers concernant la grande pression à l’aéroport de Tunis Carthage en cette période de l’année. Malgré les mises en garde et les précautions prises par la compagnie pour fluidifier les files d’attente et éviter certaines situations désagréables, rien n’y fit. Il suffit de faire un tour du côté de l’aéroport Tunis-Carthage, vous en sortirez complètement ébahis et dégoûtés.
Parmi les dispositions prises par la compagnie afin de ne pas passer un temps interminable dans les files d’attente et risquer ainsi de rater son avion, il y a l’invite à se présenter à l’aéroport trois heures avant le vol (au lieu de deux heures comme d’habitude) pour effectuer l’enregistrement de bagages dans des box qui seront ouverts trois heures avant le vol et qui seront fermés une heure avant le départ. Mais ces mesures de précaution sont demeurées de loin insuffisantes et contre-productives.
Voyager en ces temps qui passent n’est décidément pas de tout repos. Outre les incroyables fils d’attente que l’on remarque au niveau des box d’enregistrement qui travaillent sur un rythme saccadé, les passagers vivent un autre calvaire au niveau de l’attente dans les fils interminables des contrôles de police.
Le comble c’est que sur les deux points de passage censés être ouverts dans chaque box, l’on ne retrouve généralement qu’un seul agent dépassé par la foule qui le sollicite. Pourtant faire travailler deux agents par box, au moins dans les heures de pointe auraient suffi pour pallier ce manque de fluidité.
Ces désagréments (retards dans les contrôles et les enregistrements) provoquent d’énormes retards au niveau des départs des avions de Tunis vers leurs destinations. Et comme la majorité des avions des compagnies tunisiennes en partance vers l’Europe reviennent dans la journée en Tunisie, les retards se répercutent obligatoirement sur les vols retour à partir des capitales européennes.
Mais ce n’est pas tout, les passagers venant chez nous à bord des compagnies Tunisiennes ne souffrent pas uniquement des retards. Une fois atterri à Tunis commence un autre calvaire celui de l’attente des bagages. Pour arriver à récupérer ses bagages, il faut vraiment avoir des nerfs d’acier. Car les bagagistes semblent travailler à leur « rythme » et tant pis pour les passagers.
Ces derniers’ qui ont perdu depuis un lustre leur titre de roi, sont appelés à faire le pied de grue des heures durant, avant de voir poindre les premiers bagages du vol. Dans certains cas, les passagers (qu’ils soient tunisiens ou touristes), auront passé plus de temps à attendre leurs bagages que dans l’avion durant le vol.
Depuis la révolution, nombre de passagers de Tunisair et autres usagers de l’aéroport de Tunis-Carthage ne cessaient de se demander ce qui a bien pu arriver à la compagnie nationale pour que ses services surtout dans le domaine du Handling (travaux à terre, enregistrement et transfert des bagages notamment), se détériorent de la sorte.
Réputée jadis pour sa ponctualité et son sérieux, la compagnie aérienne malgré l’augmentation de ses effectifs et ses plans de relance continue à trainer des boulets.
La compagnie nationale a beau multiplier les communiqués et les opérations marketing, et crier à qui veut l’entendre qu’elle se porte désormais très bien, les dysfonctionnements sont toujours là, palpables et visibles à l’oeil nu: des retards sans justification, des transitaires qui ratent leur vol, des parents désemparés accompagnés de mineurs qui supportent mal les attentes interminables, des passagers désargentés et qui ne peuvent s’offrir la moindre bouteille d’eau minérale…
Le comble dans ces cas de retard, c’est qu’à aucun moment, ni Tunisair, ni encore moins la direction de l’aéroport de Tunis Carthage ne prennent la peine de rassurer les passagers ou les informer des retards ou des reports. C’est quand même le minimum de choses…. Quant à présenter ouvertement des excuses aux passagers pour tel ou tel désagrément, les usagers peuvent toujours attendre !
Face à cette situation chronique et agacante qui ne cesse de dégrader non seulement l’image de la compagnie, mais surtout celle de la Tunisie il est plus que jamais urgent de faire une cure d’élephant. Car la mentalité de certains de ses fonctionnaires qui se croient sortis de la cuisse de Jupiter risque, à la longue, de coûter très cher à la compagnie et au tourisme tunisien !
B.M.S.
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