
Certaines voix se sont élevées appelant à la dissolution de la chambre des conseillers qui fait doublon avec la première chambre.
L’universitaire M. Heikel Ben Mustapha, compare le sénat à un charognard qui veut vivre aux dépens du peuple et a adressé une lettre ouverte à M. le Président intérimaire Foued Mebazaz S/C de Messieurs les membres du gouvernement de transition dont en voici l’intégralité:
« Monsieur Le Président,
Je ne voudrais pas m’adresser à vous en votre qualité de Magistrat suprême de transition, car il s’agit là bien d’une remarque inutile, mais surtout à vous en tant que haut fonctionnaire de l’Etat jouissant des prérogatives que votre statut requiert.
Je ne rappellerai pas non plus les injustices dont notre peuple, dont je prends la responsabilité d’exprimer certains voeux, a souffert. Car, je suis convaincu qu’il y va de mon devoir de citoyen ayant bénéficié de ce que l’état a offert comme services… gratuits, notamment l’enseignement.
Monsieur le Président,
Jusqu’à cette date, le gouvernement de transition nous a démontré une lecture de la situation confuse de ce pays délabré par ce qui n’est plus à désigner.
Mais, après avoir suivi avec intérêt ce qu’on voudrait présenter comme un débat démocratique dans l’enceinte du parlement, je voudrais rappeler que si le parlement, élu dans des conditions que nul n’ignore, ne peut être dissolu pour des raisons constitutionnelles, la deuxième chambre, dite Sénat, peut l’être. L’argument est tout simple: cette chambre n’est pas élue.
Elle a, en effet, été créée de toutes pièces par le despote déchu. Tous nos sénateurs ont été nommés par Ben Ali. Il les a même cherchés dans le fin fond de l’arrivisme qu’il a nourri dans le pays, dans l’absence de valeurs. Certains d’entre-eux, à la solde personnelle de Ben Ali, ne savent ni lire ni écrire, alors qu’ils sont appelés à amender des lois, à les comprendre et à en mesurer la justesse et même la justice.
Evidemment, ce n’est pas le cas de la majorité et c’est à l’honneur de cette institution, mais cette création « despocratique » regorge de tout ce qui ne peut avancer le pays. La Tunisie que nous voulons vivre dans ses trois dimensions se passe, je le crois, du luxe d’avoir ce sénat qui, tel un charognard, veut vivre aux dépens du peuple.
Logique formaliste de ceux qui croient que « tout servile un tant soit peu doué doit vivre aux dépens de la patrie », pour ainsi paraphraser la logique Léniniste!!
Ils coûtent trop cher en ce moment de « disette », et c’est de ce point de vue que nous voulons réduire les dépenses, jusqu’à ce que nous choisissions le programme électoral qui nous paraitra le mieux répondre à nos aspirations !! »
Par Heikel Ben Mustapha
Universitaire
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