Dans ce climat de suspicion et de doute qui plane sur le pays, toutes les initiatives et particulièrement celles des médias sont bonnes pour être interprétées dans des sens très différents selon la position et l’idéologie du récepteur.
Ainsi les passages controversés sur la chaine Attounissia TV de l’imam Nassredine Aloui jeudi dernier, puis de son collègue Bilel Chaouachi le lundi, ont été considérés par de nombreux Nahdhaouis comme une attaque organisée contre le gouvernement afin de démontrer sa faiblesse et mettre encore en doute l’autorité de l’Etat.
Si la majorité des Nahdhaouis sont de cet avis et ont blâmé leurs ministres pour avoir donné l’occasion à ce qu’ils considèrent comme des médias non neutres, pour les maltraiter et les dénigrer de la sorte, d’autres observateurs voient les choses autrement et estiment que Moez Ben Gharbia et la chaine Attounissia ont offert une chance unique à Ennhadha de prouver qu’elle n’a plus de liens avec le mouvement «Essalafia Al Jihadia», de se laver des accusations qui affirment que les salafistes sont sa branche armée et de se débarrasser de certains de ses cadres en lui poursuivant en justice après chacune de leurs interventions.
En permettant aux extrêmistes d’attaquer d’une manière très virulente Ennahdha, de traiter ces ministres de mécréants et d’appeler au Jihad, Attounissia a démontré que le divorce est bel et bien consommé entre les salafistes extrémistes et les islamistes.
Un divorce qui a même fait l’objet d’un article paru sur le média français RFI, et qui ne peut que servir l’image d’Ennahdha à l’étranger après avoir été longtemps accusé de passivité et de complicité à l’égard des groupes salafistes violents.
BMK
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