
Après avoir invité le 14 décembre les syndicalistes à observer une trêve sociale de 6 mois en vue de pouvoir remettre la machine en marche et de rétablir la production et l’acheminement de marchandises, le Président Moncef Marzouki avait répondu présent au cri d’alarme lancé le 23 décembre par Mme Bouchammaoui (UTICA), et a rassuré les opérateurs économiques quant au respect de la suprématie de la loi pour parvenir à démanteler les mécanismes de verrouillage des établissements industriels ainsi que les manœuvres de blocage des réseaux de transport et de distribution.
De la lecture des analyses journalistiques et de l’écoute des sujets figurant au centre des préoccupations des Tunisiens, il se dégage un consensus quasi-général sur la nécessaire sécurisation de la remise en marche de l’appareil économique, afin de créer les conditions favorables au traitement des revendications sociales. Sauf qu’il ait un bémol : « Comment faire pour déverrouiller avec clémence ? »
Entre la Tolérance et l’Intolérance, il y a une infinité de comportements. Entre « laisser-faire toute action de nuisance irrégulière » et « appliquer la loi par intervention musclée », il y a bien plusieurs étapes d’apaisement, de sensibilisation et de dissuasion à parcourir.
Maintenant que les tunisiens ont élu leurs représentants à l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), nous disposons d’un espace de débat souverain, susceptible à la fois d’ériger les structures constituantes de l’Etat, et de traiter tout problème stratégique pouvant nuire à l’intérêt du pays et des citoyens.
Afin d’instaurer la meilleure procédure de restauration de l’infrastructure économique, il serait judicieux à mon avis de débattre de ce sujet au sein de l’ANC. Aussi, la discussion de la problématique des sit-ins ne serait-elle pas instructive à double titre :
1) écouter la position officielle de chaque mouvement politique et de chaque formation indépendante;
2) formuler une décision commune à transmettre au gouvernement pour exécution, sous forme d’une résolution consensuelle (de préférence à faire adopter à l’unanimité).
Naturellement, avant le déroulement de ce débat dans l’enceinte de l’ANC, cette question gagnerait à être explorée par le gouvernement avec les organisations syndicales, en vue de faciliter l’émergence d’un consensus national. En outres, il serait indiqué de discuter de cette question au préalable sur les médias pour : primo, recueillir les avis des citoyens, toutes franges sociales confondues ; secundo, galvaniser le moral de la force ouvrière appelée à reprendre le travail ; et tertio, catalyser les réactions de polymérisation entre le capital et le travail.
Se faisant, chaque élu, parti ou coalition, sera appelé à s’exprimer sur la question, à donner son point de vue et à proposer une ou des solutions pour inhiber les grèves périlleuses et les blocages nuisibles tant à l’économie nationale qu’à l’ordre public. Bref, chaque élu assumera ses responsabilités quant à l’exploration et au traitement de ce fléau, qui menace – jour après jour – de gangréner l’économie nationale et déstabiliser la cohésion sociale.
Il est clair qu’au terme d’une telle démarche citoyenne, il sera mis fin aux coups bas et aux manœuvres discourtoises, voire même déloyales à l’égard de l’intérêt suprême de la Nation.
Enfin, j’émets le souhait que le Président de l’Assemblée Nationale Constituante puisse convoquer d’urgence les Membres Constituants à une séance extraordinaire pour débattre et statuer sur l’opportunité de l’application d’une trêve sociale.
Ingénieur
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