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Tunisie : déficit budgétaire ou croissance économique, le gouvernement face à une équation difficile

3 juillet 2026
in Économie
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larbi_benbouhali
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L’appel de la  ministre  des Finances aux banques commerciales pour accroître leurs achats de bons du Trésor soulève des interrogations sur les priorités économiques du pays : financer le déficit budgétaire croissant ou soutenir davantage l’investissement et la croissance économique. C’est l’analyse développée par l’expert Larbi Benbouhali sur sa page Facebook.

Selon lui, une récente réunion tenue entre la ministre des Finances et les dirigeants des banques commerciales tunisiennes visait à renforcer la mobilisation des ressources destinées au financement des besoins de l’État, notamment à travers l’acquisition d’un volume plus important de titres publics.

Cette démarche intervient quelques semaines après une autre réunion organisée par le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), à son retour des réunions du Fonds monétaire international (FMI) à Washington. À cette occasion, les établissements bancaires avaient été appelés à élaborer des mécanismes permettant d’accroître le financement du secteur privé afin de soutenir l’investissement et la croissance.

Pour l’expert, cette double orientation met en évidence une problématique centrale : comment répondre aux besoins de financement de l’État tout en préservant les capacités des banques à soutenir l’activité économique.

Larbi Benbouhali identifie plusieurs facteurs expliquant cette situation.

Le premier concerne la politique monétaire et les recommandations des institutions financières internationales. Selon lui, le FMI et la Banque mondiale plaident depuis plusieurs années pour une réduction du financement direct du déficit budgétaire par la Banque centrale, considérant cette pratique comme susceptible d’alimenter les tensions inflationnistes et de fragiliser la stabilité des prix.

L’expert rappelle que la Banque centrale aurait injecté près de 25 milliards de dinars dans l’économie au cours des trois dernières années dans le cadre de mécanismes de soutien au financement public.

Deuxième facteur : l’évolution du contexte international et l’impact des tensions géopolitiques sur les marchés énergétiques. Selon l’analyse présentée, la hausse des coûts de l’énergie risque d’accroître les charges liées aux subventions publiques et d’exercer une pression supplémentaire sur les finances de l’État.

Par ailleurs, l’importance de l’économie parallèle constitue, selon lui, un défi majeur. Il estime que celle-ci représenterait environ 40 % de l’activité économique et générerait des pertes fiscales importantes pour l’État.

L’expert souligne également que les banques tunisiennes disposent de marges de manœuvre limitées pour accroître simultanément le financement de l’État et celui du secteur privé. Une part importante de leurs ressources serait déjà mobilisée par le financement public, alors que les établissements doivent respecter des exigences prudentielles strictes fixées par les autorités nationales et les normes internationales.

Dans ses conclusions, Larbi Benbouhali estime que la question centrale demeure celle des réformes structurelles des finances publiques. Selon lui, une révision progressive du système des subventions, un renforcement de la lutte contre l’économie informelle et une réduction de la dépendance au financement bancaire permettraient de libérer davantage de liquidités au profit de l’investissement privé.

Il considère également qu’un élargissement de l’inclusion financière, à travers une meilleure traçabilité des transactions et une intégration plus importante de l’activité informelle dans les circuits officiels, pourrait renforcer les recettes publiques et améliorer l’efficacité des politiques économiques.

Selon cette lecture, la Tunisie se trouve aujourd’hui face à un défi majeur : assurer le financement de ses besoins budgétaires sans réduire les capacités de financement de l’économie productive.

Tags: Larbi BenbouhaliMinistère des financesMinistre des financesTunisie
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