
Victime d’une agression, dans la soirée du dimanche 5 août, lors d’un colloque à Kairouan, sur « la tolérance en Islam », Abdelfattah Mourou, membre du Conseil de la Choura du mouvement Ennahdha, a déclaré, le lendemain, que « son agression n’est pas un acte isolé, mais qu’il s’agit d’un phénomène qui nécessite d’être analysé et traité ».
« Comprendre les motifs de telles pratiques sous prétexte de peur de l’avenir ne veut pas dire les accepter », a affirmé M. Mourou, estimant indispensable de « prendre au sérieux ce phénomène et de ne pas se contenter de le condamner ».
Pour Zoubeir Chehoudi, directeur du cabinet du président d’Ennahdha, « cette agression est un acte isolé qui doit être poursuivi en justice ».
« Aucune partie politique ne doit être tenue responsable de cette nouvelle violence qui prend pour cible, une fois de plus, les islamistes et autres courants », a-t-il déclaré.
Frappé à la tête, Mourou semble s’être interposé entre l’anthropologue Youssef Seddik et une personne de l’assistance qui contestait la participation de ce dernier au colloque, l’accusant d’avoir porté atteinte par le passé à la personne d’Aicha, épouse du prophète Mohammed.
Organisé par le réseau « Droits, libertés et dignité », ce colloque a rassemblé, outre MM. Mourou et Seddik, l’universitaire Hichem Messaoudi et le porte-parole du parti Ettahrir Ridha Bel Haj.
L’agresseur, quant à lui, répondrait au nom de Mohamed Thameur Ben Ali, âgé de 43 ans et natif de Kairouan. Il aurait été impliqué dans les événements de Soliman, en 2007. Il a été arrêté et un mandat de dépôt a été émis par le juge d’instruction, lundi 6 août.
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