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Tunisie: Guerre froide entre le ministère des Affaires religieuses et les radicaux pour le contrôle de la Zitouna ?

21 juin 2012
in Politique
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Que se passe-t-il exactement au ministère des Affaires religieuses ? Depuis, une semaine la confusion règne autour de ce qu’on appelle désormais l’ »Affaire de la Mosquée Zitouna » et on ne sait plus qui fait quoi, mais surtout qui commande !

La polémique débute lorsque, vendredi 15 juin 2012, Ali Ellafi, conseiller en communication du ministère des Affaires religieuses, déclare sur les ondes de Mosaïque FM que suite aux appels au meurtre proférés par l’imam Houcine Laâbidi, contre les artistes auteurs d’œuvres «blasphématoires», le prêcheur de la moquée Zitouna tombait sous le coup de a justice, précisant que le Cheikh n’était pas officiellement un prédicateur et qu’il n’assurerait désormais plus les prêches à partir de ce jour.

Lundi 18 juin, le ministre des Affaires religieuses, Noureddine Khademi, entre en scène en démentant le limogeage de Houcine Laâbidi de la mosquée Zitouna, estimant que «l’information du limogeage de Houcine Laâbidi est une déformation médiatique, et qu’aucune décision n’a été prise afin de déchoir le Cheikh de son poste à la Zitouna».

Dans une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, en date du lundi 18 juin, Noureddine Khademi affirme que Houssine Laâbidi n’est pas officiellement prédicateur au sein de la Zitouna et qu’il continuera à effectuer ses prêches quand le besoin se fera ressentir, afin de ne pas créer de dysfonctionnement au sein de la mosquée, le tout en contradiction avec ce qui avait été lancé par Ali Ellafi quelques jours auparavant.

«Nous ne voyons pas d’objection à ce que Houssine Laâbidi effectue le prêche de la prière du vendredi, comme il l’a déjà fait à plusieurs reprises», a-t-il insisté. Dans le même temps, Houcine Laâbidi, affirmait que le ministre des Affaires religieuses l’avait appelé en personne pour s’excuser après les accusations lancées par Ali Ellafi, a rapporté Mosaïque FM.

L’affaire aurait pu connaître son terme mais voilà que la polémique est relancée suite aux déclarations de l’imam à l’AFP, indiquant qu’il ferait le prêche de la prière hebdomadaire vendredi, malgré les accusations d’avoir appelé au meurtre d’artistes portées par un conseiller du ministre des Affaires religieuses.

«C’est moi qui vais faire le prêche», a déclaré Houcine Laâbidi dans un entretien mardi à l’AFP dans son bureau au sein de la mosquée Zitouna.

«Si le ministère des Affaires religieuses envoie un nouvel imam, il sera renvoyé tout de suite», a-t-il ajouté, «car la mosquée Zitouna est une propriété privée. Le ministère des Affaires religieuses n’a rien à faire ici», a-t-il déclaré, affirmant que la mosquée Zitouna et ses antennes régionales bénéficiaient d’une autonomie, les autres mosquées demeurant sous la coupe du ministère de tutelle.

«Je suis un exégète, j’explique ce qui est prévu dans le Coran», a martelé M. Laâbidi, répétant que «seuls le président de la République ou un magistrat pouvaient prendre des décisions de justice et les appliquer».

Toute cette controverse dénoterait-elle en fait un dysfonctionnement au niveau du ministère ? En tout cas, tout porte à croire, selon certaines sources, qu’un véritable bras de fer s’est engagé au sein même de l’instance religieuse où deux courants seraient en train, chacun à son tour, d’abattre ses cartes, le tout dans une atmosphère où les intervenants et les pressions se font de plus en plus pesants.

Houcine Laâbidi, bénéficierait d’un soutien non négligeable auprès des courants salafistes, surtout parmi les radicaux.

Le fait qu’il s’autoproclame imam (en chef) de la mosquée Zitouna entre dans le cadre d’une visée plus globale ; celle d’en prendre le contrôle et par ricochet, de permettre aux salafistes d’en prendre possession.

Mais Houcine Laâbidi a eu le tact de n’avoir enfreint aucune loi dans la mesure où sa démarche obéirait à un protocole passé entre le ministère et sa personne, selon lequel la mosquée Zitouna doit dépendre de la commission scientifique au sein du même ministère. Etant lui-même président de cette commission, on comprend mieux comment la mosquée a « glissé » entre les mains du ministère, dirigé par Ennahdha pour atterrir entre celles des salafistes.

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