
Le congrès du dialogue national à l’initiative de l’UGTT a démarré, ce matin mardi 16 octobre, en présence de nombreuses personnalités, partis politiques et organisations.
Le discours inaugural du secrétaire général de l’UGTT, Houcine Abassi, a lancé l’ordre du jour et mis l’initiative de l’UGTT dans son contexte, celui de pallier l’incapacité des partis à discuter entre eux.
La centrale syndicale veut atténuer les tensions, surmonter les divergences, et réunir les adversaires politiques et la société civile autour d’un consensus sur un certain nombre de points, dont la mise en place d’un calendrier qui fixe la date définitive de l’élaboration de la Constitution et celle des prochaines élections, la composition de l’Instance supérieure indépendante des élections ainsi que la mise au point du prochain code électoral, la composition de l’Instance supérieure indépendante de l’information, la composition de l’Instance provisoire de la magistrature, etc.
Si certains points ont été abordés par la troïka, à travers les décisions du samedi 13 octobre et l’annonce de la date des prochaines échéances électorales, beaucoup de points restent en suspens.

Le débat lancé, les personnalités présentes se sont relayées face aux invités.
Le président Moncef Marzouki, qui a finalement décidé de se rendre au palais des Congrès, a appelé, lors de son intervention, à fêter le 23 octobre, qui marque le premier anniversaire des élections de l’Assemblée nationale Constituante.
« Le 23 octobre doit être un jour de fête, et non de crise politique », a-t-il lancé insistant sur la nécessité de parvenir à une entente nationale reconnaissant et appuyant la légitimité.
Un discours qui a fait référence à l’accord entre les composantes de la troika sur la nature du régime politique, l’Instance supérieure indépendante pour les élections et l’Instance pour le secteur de l’information.
Moncef Marzouki a également appelé les intervenants à faire connaitre leurs propositions et points de vue afin qu’ils soient soumis à l’Assemblée nationale constituante.

Dans la même lignée, le Chef du gouvernement Hamadi Jebali et le président de l’ANC, Mustapha Ben Jaâfar, ont étayés les propos du président de la République, soulignant la nécessité de soumettre et présenter à l’ANC les propositions qui seront issues de cette initiative afin d’être débattues par les Constituants.
Abdessattar Ben Moussa, président de la Ligue tunisienne des Droits de l’Homme, a insisté, dans son intervention, sur l’importance de la société civile et des syndicats, garants des libertés et sur la nécessité de prendre en compte leurs propositions.
Il a également insisté sur l’indépendance de la Justice et l’activation des Décerts-Loi n° 115 et 116 relatifs aux médias.
Chawki Tabib, bâtonnier de l’Ordre des avocats, a, quant à lui, dressé un tableau peu reluisant de la situation que traverse le pays, ajoutant qu’il ne fallait pas se voiler la face par rapport aux difficultés.
Pour M. Tabib, ce congrès s’est imposé de lui-même à partir du moment où on n’a fait que débattre sur des évidences et on laissé l’essentiel de côté.

L’intervention de la présidente de l’UTICA, Wided Bouchamaoui, a été axée sur le dossier économique et la situation du secteur. Selon elle, il y a urgence et la situation n’inspire point à l’optimisme.
Ahmed Mestiri, ancien ministre de Bourguiba a insisté sur la mise en place d’un dialogue qui a trait aussi bien à la Constitution qu’à la situation économique et sociale du pays, estimant, en définitive que la société tunisienne est menacée dans son mode de vie qui est le sien depuis plus d’un demi-siècle.
B. S.
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