Le président de la République, Kaïs Saïed, a appelé, vendredi, à mettre un terme à la flambée des prix, aux pratiques de monopole et à la spéculation qui pénalisent les consommateurs et les agriculteurs.
Cet appel a été lancé lors d’une réunion au palais de Carthage avec la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, le ministre de l’Intérieur, Khaled Nouri, et le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, indique un communiqué de la présidence de la République.
Les discussions ont notamment porté sur la nécessité d’endiguer la hausse « vertigineuse » des prix et de lutter contre les pratiques de monopole déguisé touchant plusieurs produits agricoles.
Le secteur des dattes a été cité en exemple. Le kilogramme est acheté à l’agriculteur à un prix ne dépassant pas un dinar, en dépit des efforts considérables fournis par les ouvrières et des risques auxquels s’exposent les ouvriers, contraints de travailler « suspendus à des cordes au sommet des palmiers ».
Le chef de l’Etat a également dénoncé les entraves délibérées à la distribution des engrais et des semences, qui aggravent les difficultés des agriculteurs et menacent la production agricole. Les responsables de ces pratiques, ainsi que leurs commanditaires, devront répondre de leurs actes, a-t-il averti.
Réaffirmant le droit des Tunisiens à une vie digne et à des produits à des prix raisonnables, Kaïs Saïed a dénoncé l’emprise des « barons » de la corruption, du monopole et de la spéculation.
Il a, par ailleurs, pointé les fluctuations artificielles des prix, faisant observer que certains produits apparaissent soudainement sur les marchés avant d’en disparaître sans raison apparente. Des pratiques qui viseraient, selon lui, à créer des pénuries artificielles et à faire grimper les prix au détriment des citoyens.
Pour le président de la République, la liberté véritable ne saurait se concevoir sans transparence, justice et équité. Elle ne peut en aucun cas être assimilée au monopole, à la spéculation ou à l’affamement des citoyens.
Il a appelé à mettre fin à ces pratiques dans les meilleurs délais, soulignant que le manque de ressources financières ne saurait justifier l’inaction de l’Etat, alors que des sommes considérables sont consacrées à l’importation de produits de luxe.
La question de la collecte des déchets a également été abordée. Le président de la République a insisté sur la nécessité d’assurer un ramassage régulier et continu afin d’éviter l’accumulation des ordures pendant plusieurs semaines. Il a, à cet égard, mis en cause certaines parties qui exploiteraient ces situations pour attiser les tensions sociales.
Dénonçant des manœuvres qu’il a qualifiées de « viles », Kaïs Saïed a affirmé que le peuple tunisien les avait déjà mises en échec et continuerait à les combattre, quelle qu’en soit l’origine.
Le chef de l’Etat a enfin souligné que toute personne impliquée dans ces pratiques devait rendre des comptes. La loi s’applique à tous, sans exception, et nul ne bénéficie d’une immunité, quel que soit son rang, a-t-il affirmé, réitérant le droit des citoyens tunisiens à vivre dans la dignité.
S’agissant de ceux que le peuple a rejetés et qui auraient cherché à diviser l’Etat, à fragiliser l’unité de la société et à assassiner la pensée libre, le président de la République a estimé qu’ils n’avaient « pas de place dans l’avenir de la Tunisie ».
Avec TAP

