
A peine investi des fonctions de chef du gouvernement, Mehdi Jomaa se voit confronté à une myriade de défis: affirmer sa légitimité consensuelle, assurer des élections libres et transparentes, sortir le pays de la crise , atténuer les tensions sociales , concilier les exigences de croissance et de relance aux impératifs sociaux et réussir la communion entre les différentes organisations politiques, syndicales , financières et patronales.
Les gouvernements successifs se sont essayés depuis 2011 à la mise en place d’un plan de sauvetage mais n’ont pas réussi du fait de leur handicap idéologique et clanique. Indépendant, au dessus des partis, transfuge du privé et bénéficiant d’un préjugé favorable, Jomaa tient une chance historique de réussir le double pari de la communion nationale et de la relance économique.
Héritant de la rigueur de management et des impératifs de résultats de sa longue expérience dans le privé, le « Manager du gouvernement » a dressé un état des lieux de la situation politique, sociale, économique et sécuritaire du pays avant de préconiser les solutions et les remèdes. Le bilan n’est certes pas réjouissant mais le commando de compétences investi d’un devoir national se sent à la hauteur du challenge et veut inscrire ses actions dans une dynamique de sauvetage et de relance pour sortir le pays du gouffre de la crise.
A situation exceptionnelle, il faut des décisions exceptionnelles. Et si les tunisiens ne veulent pas de sauts dans l’inconnu et souhaitent préserver leur pays des dangers inhérents à l’aggravation de la situation, ils doivent comme le martèlent tous les sages de ce pays se remettre au travail et ne pas rechigner à l’effort.
De quelque bord que l’on soit, on ne peut pas prétendre à la dignité, au patriotisme et à la posture de tuteur légitime du peuple sans penser aux conséquences de ses actes, de ses discours et de ses positions parfois équivoques. Nous avons eu de la chance de sortir d’une crise politique profonde et le consensus salvateur devait servir de tremplin pour mettre la Tunisie sur la voie du progrès et du développement.
La marque des grands peuples est certainement de se sublimer, de se surpasser et de se projeter dans l’avenir en donnant le meilleur d’eux-mêmes pour le bien collectif et en réalisant cette communion pour la libération du pays non pas du joug de la crise, de la précarité et du chômage.
La Tunisie tient une formidable opportunité de se mettre sur la bonne rampe du développement et les organisations syndicales, les partis politiques, le patronat, la société civile, les travailleurs, les artisans, les médias, les commerçants, les industriels, les promoteurs, les commis d’Etat et toutes les composantes de la population doivent s’armer de patriotisme et de sens des responsabilités pour apporter leur soutien total et inconditionnel à ce projet de sauvetage collectif de sortie de crise.
Mais à l’heure ou nous escaladons difficilement cette rampe de la relance , il est incompréhensible, choquant et navrant que des syndicats se remettent à la surenchère sociale, que des partis politiques s’adonnent à l’amalgame , que des médias blanchissent l’escroquerie et que les grèves sauvages se multiplient pour paralyser l’économie du pays et hypothéquer les perspectives d’embellie salutaire.
Beaucoup d’acteurs influents sur la scène politique, syndicale et médiatique semblent adeptes du « après moi le déluge ». Tous les moyens sont permis pour saboter la relance économique et taxer ainsi cette expérience de gouvernement de compétences de cuisant échec et de choix impertinent.
Pour certains usurpateurs et imposteurs révolutionnaires, le devoir et la responsabilité nationale seraient des valeurs désuètes et sans teneur. Preuve d’une faiblesse intellectuelle, d’un manque de patriotisme, d’un égoïsme primaire et d’une volonté destructrice, ces misérables héros de la honte nous rappellent les heures sombres de certains tunisiens à l’époque de la colonisation qui étaient abreuvés au lait de la trahison nationale, nourris à la servilité marchande et prêts à s’allier avec le diable , à démolir le pays et appauvrir leurs concitoyens pour protéger leurs propres intérêts.
Jalel JEDDI
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