L’objet n’est pas de discuter chiffres ou procédures. La finalité consiste à réfléchir sur le devenir des relations tuniso-européennes. Je pense que l’intervention de M. l’Ambassadeur constitue une prise de position décalée de son nouveau contexte diplomatique post-révolutionnaire. Je pense aussi qu’elle est non conforme aux aspirations des Peuples d’Afrique en général, et des Tunisiens, en particulier.
Tout citoyen tunisien qui se respecte regretterait la CONDITION émise par cet honorable Diplomate à l’octroi de cette aide. Même si par la suite, il a précisé qu’il n’a pas tenu ces propos et que ses déclarations n’ont pas été comprises, nous informons ce Mr et tous ceux qui veulent s’ingérer dans nos affaires comme l’ambassadeur américain que nous refusons désormais les « Diktats » et les « Contraintes ». Et ce, même si le dessein parait être noble.
Nous nous permettons de rappeler à M. l’Ambassadeur, le fait que « ceci rappelle étrangement les exigences de l’article 2 sur le protocole du partenaire avancé exigé auparavant à la Tunisie par l’UE ». D’ailleurs, fait avéré. Puisque, ce à quoi l’Ambassadeur de l’UE a approuvé d’un signe de la tête.
Nous nous permettons ci-après, de rappeler à M. l’Ambassadeur certains évènements récents importants :
1. A la suite de l’élection de M. François Hollande, M. Marzouki forme le souhait « de rebâtir de nouvelles relations tuniso-françaises, fondées sur l’amitié et les intérêts communs ». En effet, La Présidence Tunisienne n’a pas cessé de formuler le vœu d’une relation tuniso-européenne sereine et apaisée. La Présidence Tunisienne a toujours exprimé son souhait d’enterrer les relations franco-tunisiennes incestueuses.
Depuis la révolution tunisienne, la classe politique tunisienne n’a pas cessé de solliciter l’Europe de renoncer à leur réseau d’influence. La révolution tunisienne souhaite ; ce qu’elle a de tout temps espéré, et ce que « Hervé Emmanuel Nkom », un responsable du Rassemblement démocratique camerounais (RDPC, au pouvoir) ; appelle une ère selon lui « en rupture avec l’arrogance, la caricature, voire le mépris qui se sont exprimés avec le discours de Dakar »,
2.Nous comprenons que l’Europe tienne à favoriser l’instauration de la démocratie et de la bonne gouvernance dans nos pays. Elle doit le faire, non pas par des diktats, mais plutôt par une coopération horizontale, tenant compte des spécificités de cette période transitoire tunisienne, qui consiste à bâtir en quelques mois, une Démocratie, que d’autres ont mis des siècles à le faire. La Démocratie, la Liberté, ne sont point des Concepts qu’on réalise en claquant les doits. Ils constituent des principes sacrés, subjectifs, qu’ont tend à s’en approcher, sans jamais y arriver totalement. Ils sont plus une Culture. Ils sont une manière de penser, d’être et de faire. Ils sont une Philosophie.
3.Le quotidien gouvernemental sénégalais Le Soleil écrivait récemment : « Avec la mondialisation, la montée de l’Inde et de la Chine ainsi que le positionnement américain en Afrique, la France n’est plus la seule tutrice et ne peut plus décider toute seule pour les Africains, longtemps maintenus dans l’illusion démocratique et le sous-développement », Et c’est autant vrai pour toute l’Europe !
4. C’est vrai que, historiquement du temps de Ben Ali ; et, il n’y a pas si longtemps, certains opposants de gauche et des défenseurs des Droits de l’Homme sont intervenus auprès de la France et de l’Union Européenne pour conditionner la finalisation du protocole de partenaire avec la Tunisie par l’instauration d’une vraie démocratie.
5.Ces éléments sont-ils toujours actifs. Y auraient-ils d’autres forces occultes, qui reprennent à leur compte le même chantage odieux ?!
6.Nos Dignes Partenaires Européens continuent-ils à être sensibles à des discours légitimes et honorables ; sous couvert de Desseins Politiques non avoués ?!
Je pense que la réussite de la Révolution Tunisienne aurait des répercussions bien au-delà de nos frontières ; et en ceci, elle mérite d’être soutenue sans condition.
S. A. M
Discussion about this post