Elle a précisé, lors d’une conférence de presse tenue, mercredi, à Tunis, que le projet présenté par le ministère de la Justice et relatif à l’instance provisoire «accorde de plus larges prérogatives au pouvoir exécutif pour faire pression sur les magistrats», une situation qui risque, selon son expression, de faire en sorte que «le pouvoir judiciaire soit au service du pouvoir».
Mme Kannou a insisté sur l’impératif qu’il y a à ce que l’Assemblée Nationale Constituante assume ses responsabilités dans l’élaboration d’une loi portant création d’une instance spécialisée dans cette période de transition que vit le pays. Elle a exprimé par ailleurs son étonnement face aux révocations et aux désignations décidées récemment par le ministre de la Justice, Noureddine Bhiri.
Elle a ajouté que le taux de réussite de la grève avoisine les 100% dans plusieurs gouvernorats, précisant que cette grève sert les intérêts des justiciables.
La présidente de l’AMT a appelé à militer pour l’indépendance du secteur et pour sa séparation du pouvoir exécutif, et à le laisser à l’écart des intérêts partisans ou matériels, soulignant que l’incendie de certains tribunaux dans les différentes régions du pays à porter atteinte à la magistrature.
De leur côté, les membres de l’association ont fait porter «au pouvoir politique la responsabilité du vide institutionnel que vit le corps et de l’absence de garanties favorisant l’indépendance de la justice», ce qui conduira selon eux à la domination du pouvoir exécutif sur le pouvoir judiciaire.
La grève des magistrats intervient en réponse à l’appel lancé par les membres de l’Assemblée nationale constituante à l’AMT pour une grève du 13 au 15 juin courant.
Source : TAP
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