
On aura tout connu en Tunisie, ce petit pays de 10 millions d’habitants ; une génération de bâtisseurs qui a balisé les fondamentaux de la première république avec l’éducation et l’école obligatoire, la santé et le planning familial et les diverses expériences économiques et sociales. Une génération qui s’est trompée certes mais qui a marqué son temps et son époque par son amour pour le pays et son dévouement pour la patrie.
Nous avons connu une deuxième génération, d ‘ opportunistes qui ont profité du système pour tirer profit, ceux qui se sont servis des caisses de l’Etat pour remplir leurs propres caisses ; une génération de courtisans qui gravitaient autour du roi déchu pour s’attirer ses faveurs, une génération de pique-assiettes et lèche-cul acquis non pas à la cause du pays mais à la cause de leur souverain.
Et nous voila hélas avec une troisième génération d’hommes voulant écrire et réécrire l’histoire et qui profitent des bouleversements du pays et de la chute du Roi pour revendiquer leur instinct révolutionnaire et leur amour pour la patrie ou plutôt leur amour du pouvoir.
Berné par le paternalisme Bourguibien, terrorisé par la violence Benalienne, voila que le Tunisien normal se trouve otage malgré lui d’une classe politique déchirée, divisée et noyée dans ses contradictions idéologiques et intellectuelles.
Des égoïstes qui se prévalent d’une nouvelle posture de donneurs de leçons et de dépositaires de la vérité et du nouvel ordre moral, intéressés à écrire leur propre légende que la légende de ce cher pays. Des manipulateurs d’opinion et des commerçants du discours politique qui prennent le peuple et le pays en otage.
Une secte de politiciens toutes tendances confondues, à court d’argument et de programme politico-social qui usent et abusent des phrases pimpantes et de slogans accrocheurs sans se soucier des vraies préoccupations du Tunisien normal. Un tunisien préoccupé par la cherté de la vie, la sécurité, l’avenir de ses enfants et qui n’en n’a cure des calculs politiciens de cette secte de nouveaux arrivants, de revenants, de revanchards, de blanchisseurs d’histoire, d’affamés de pouvoir, de tribuns, d’orateurs et de chauffeurs de salles.
Politiciens de tous bords, ne sous estimez point le courage du Tunisien Normal qui a courageusement dégagé Ben Ali sans leader politique et sans idéologie et qui commence à perdre patience et confiance en des hommes dont il ne doute pas de leur conviction mais dont il doute de leur amour pour la NATION.
Jalel Jeddi
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