La Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme (LTDH) a annoncé, vendredi, la réouverture des adhésions, après un gel de 18 ans, qui seront acceptées conformément aux dispositions fixées dans la charte de la ligue lors de son sixième congrès organisé en septembre 2011.
Evoquant le parcours militant de la LTDH sous l’ancien régime, Moncef Marzouki a estimé que la Ligue est actuellement à un tournant décisif de son histoire militante. Marzouki a affirmé que le régime démocratique risque d’être terni par des dépassements et des atteintes aux droits humains. « Les informations relatives à des actes de torture et de corruption confirment que la situation est loin d’être stable dans le pays », a-t-il souligné.
De son côté, le président de la LTDH, Abdessatar Ben Moussa, a évoqué l’histoire de la LTDH, affirmant qu’elle demeure « une force de proposition ». La LTDH, a-t-il rappelé, connaît des difficultés pour la mise en place des mécanismes de justice transitionnelle et pour le traitement du dossier des martyrs et des blessés de la révolution.
Se référant à des exemples à l’appui, il a évoqué les décisions unilatérales et la monopolisation des nominations aux postes de décision sur la base de l’allégeance sans tenir compte de la compétence ni de l’expérience, citant le cas des récentes nominations dans l’administration ou dans certains médias publics, ou encore les menaces de privatisation de ces médias. Un autre exemple à l’appui en est l’instauration de deux modèles d’enseignement, un enseignement public et zeitounien.
A cet égard, il a appelé à la nécessité d’associer la société civile à l’élaboration du texte de loi de la justice transitionnelle et à la rédaction de la constitution.
Par ailleurs, l’Instance nationale pour la réforme de l’information et de la communication (INRIC) a exprimé sa profonde fierté du rôle historique de la LTDH dans la défense de la liberté de la presse pendant la période de la répression et de la dictature ainsi qu’en cette phase de transition démocratique que traverse le pays.
Appuyant la LTDH, l’INRIC formule l’espoir que toutes les composantes de la société civile soutiennent les efforts de la ligue en vue de protéger les droits des Tunisiens à une information libre et indépendante conforme aux standards internationaux en matière de liberté d’expression.
Discussion about this post