
La Tunisie, ce petit pays paisible avec sa civilisation millénaire, son modernisme reconnu, son enracinement dans les traditions arabo-musulmanes, ses côtes de sables fins, sa mer azur et ses belles plaines et collines, ressemble à s y méprendre à une arène.
Il y a d’un côté des gladiateurs incarnés par toutes ces forces politiques et civiles qui se livrent à une bataille acharnée usant de tous les stratagèmes pour s’attirer les faveurs et les acclamations d’une foule incarnée par un peuple impatient de connaitre le dénouement de ces combats et de voir enfin ces gladiateurs respecter les règles du jeu et offrir un spectacle à la hauteur de ses attentes .
D’un autre côté, un peuple qui a payé de son sang et de sa vie en perdant de valeureux compatriotes pour s’offrir un spectacle de qualité avec ses règles, ses limites, sa déontologie et son arbitre. Un spectacle où les acteurs pour mériter d’y jouer doivent enflammer la foule avec des idées, des arguments et des perspectives.
Mais emportés par l’importance de l’enjeu et aveuglés par l’obligation de résultat, les gladiateurs se font nombreux ; les vaillants qui croient aux valeurs et à l’éthique du combat d’idées et qui se positionnent sur le terrain des arguments pour convaincre d’un projet sociétal , les arrivistes qui profitent de l’ouverture de l’arène pour combattre en étant dépourvus de préparation, les tricheurs qui usurpent les idées et les méthodes des autres pour récolter quelques satisfecit de la foule, les ambitieux capables de prouesses verbales juste pour être acclamés et reconnus , les populistes qui profitent de la naïveté d’une partie de la foule pour jouer un nouveau round et les terroristes en manque d’arguments et de solutions qui font fi des règles élémentaires du combat et qui usent de la violence et de la terreur pour gagner les faveurs de la foule.
Des gladiateurs qui sortent l’artillerie lourde et qui n’ont aucun scrupule à user de la violence, de la dénonciation calomnieuse et des pratiques de grand banditisme pour combattre leurs adversaires.
Dans cette cacophonie généralisée, notre arène a besoin d’une fédération nationale forte et intègre capable d’établir une charte de beaux combats et d’organiser un championnat de gladiateurs avec ses règles, son éthique, sa déontologie, ses équipes, ses divisions, ses catégories. Une fédération qui octroie des trophées de champion aux meilleurs gladiateurs , au meilleur espoir, à l’auteur du meilleur geste de fairplay et qui sanctionne les gladiateurs auteurs de tacles irréguliers, de tricherie , de violence et de non respect des règles et de l’éthique.
Une fédération qui fait des combats d’idées, du respect de l’éthique et de la force de l’argumentaire son slogan pour que nos vaillants gladiateurs se livrent à des combats à la hauteur des attentes de la foule et offrent un spectacle digne et enflammant capable de hisser notre championnat au rang des meilleurs et de rivaliser avec les autres arènes réputées.
Jalel Jeddi
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