
La journée du lundi 12 août a été riche en concertation pour sortir la Tunisie de la grave crise politique qui la secoue depuis l’assassinant de Mohamed Brahmi. La réunion la plus importante était celle entre la délégation du parti de la majorité, à savoir le mouvement Ennahdha, et la délégation de l’UGTT.
Houcine Abassi, secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail, et Rached Ghannouchi, leader d’Ennahdha, étaient tous les deux présents pour se concerter autour des questions qui restent soulevées au lendemain des assassinats politiques qu’a connus le pays et suite aux différents événements qui ont secoué la Tunisie ces derniers jours.
Une première entrevue… oui car il y aura une deuxième, après des concertations et autres pourparlers qui ont duré presque 4 heures, les deux parties se sont mises d’accord pour se revoir une deuxième fois le mercredi 14 août 2013. La possibilité de tenir d’autres réunions entretemps entre des représentants d’Ennahdha et de l’UGTT a même été avancée par certains.
Il est à noter, dans ce cadre, que les représentants du parti de la majorité et ceux de la centrale syndicale ont au moins convenu de la nécessité de reprendre le dialogue national, pour le bien du pays et à faire des sacrifices chacun de sa part pour trouver des arrangements pour sortir de la crise.
Les points de vue ont été exposés de part et d’autre avec beaucoup de franchise et de responsabilité et l’ambiance est demeuré constructive bien que chaque partie a fait des reproches à l’autre et a essayé de défendre son approche.
Du côté d’Ennahdha on a mis l’accent sur l’importance du rôle que pourrait jouer l’UGTT en ce moment historique, surtout si la centrale syndicale demeure neutre et ne favorise pas les intérêts d’un parti politique aux dépens d’un autre mais ceux de la Tunisie.
De son côté l’organisation syndicale a manifesté sa volonté de contribuer à faire sortir le pays de cette mauvaise passe, non pas dans le sens de la médiation mais car le pays a vraiment besoin d’un coup de pousse pour rapprocher les points de vues du gouvernement et de l’opposition.
Dans ce sens l’UGTT a semble-t-il indiqué qu’elle garde la même distance du gouvernement de la Troïka que de l’opposition.
Selon certaines indiscrétions l’UGTT a fait savoir qu’elle est contre le radicalisme constaté chez certaines parties au pouvoir et à l’opposition. La centrale syndicale s’est engagée à rapprocher les divergents points de vue à un juste milieu, chose qui pourrait sortir le pays de cet engrenage.
En somme, les différentes réunions d’hier ont laissé prévoir des signes positifs surtout avec la manifestation de bonne volonté de part et d’autre puisque Ghannouchi a déclaré à la fin de l’entrevue que toutes les parties se dirigent vers la formation d’un gouvernement d’union nationale et que dans ce sens le mouvement Ennahdha est prêt à faire des concessions, plutôt des sacrifices pour le bien de la patrie.
Slim Maâtoug
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