
La nouvelle annonce faite hier par Hamadi Jebali, dans laquelle il a indiqué qu’il tient à son gouvernement de technocrates, a mis le Président de la République Moncef Marzouki et son parti le CPR, devant une responsabilité historique puisqu’ils sont les seuls jusqu’à présent à s’opposer d’une façon catégorique à la proposition du Chef du Gouvernement.
Du côté du CPR, certains ministres s’attachent trop à leur poste et la réaction du ministre de la Femme et des Affaires de la famille, Sihem Badi, sur les ondes de Mosaïque FM n’est que la parfaite illustration de cette position.
Marzouki a même rappelé, via son porte-parole Adnen Mansar, qu’il est pour un gouvernement d’union nationale et non de technocrates.
Sauf que s’il persiste dans cette position, le CPR risque de se retrouver isolé, puisque Ettakatol a exprimé son soutien à la proposition de Jebali, alors qu’Ennahdha a changé de position et indiqué que Jebali reste un de ses fils fidèles et qu’elle ne le blâme que parce qu’il a pris sa décision tout seul sans consulter son parti et ses alliés.
Ce qui veut dire que la position d’Ennahdha va évoluer vers le soutien de Jebali, surtout son leader Rached Gannouchi a exprimé son appui à la création d’un gouvernement de technocrates.
D’un autre côté, Jebali bénéficie désormais de l’appui de nombreux partis de l’opposition et d’une grande partie de la population chez laquelle sa notoriété ne cesse de grandir depuis quelques jours.
Cette redistribution des cartes va être décisive dans le dessein du nouveau paysage politique et Marzouki, dont les ambitions sont très grandes, sait qu’il n’a pas d’intérêt à se griller, à griller son parti, ou même à détériorer son alliance avec Ennahdha, puisque les relations du CPR avec les partis de l’opposition et surtout Nida Tounes et le Parti Républicain sont très négatives.Les prochaines heures risquent de s’avérer décisives à ce sujet.
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