L’atmosphère était tendue à la réunion publique de M. Beji Caied Essebsi avec les représentants des partis politique.
Avant même l’arrivée de M. Caid Essebsi, un représentant d’un parti issu de l’ancien RCD (dissout) s’est mis à vociférer, réclamant le respect des droits des anciens rcdistes dans la participation à la vie politique du pays.
Une fois à la tribune, M. Caid Essebsi commence son discours. L’entrée en matière est directe. Il regrette le flot d’insultes que certains adressent chaque jour à l’encontre de l’Etat. Mais il admet comprendre que cela fait partie du jeu, estimant que c’est le fait d’une minorité.
Le premier ministre du gouvernement transitoire sait qu’il fait l’objet de critiques dans l’opinion, alors il tente de se défendre et met les points sur les i.
Pour lui, on peut juger le gouvernement, mais « encore faut il être juste ». Il faut prendre en compte alors, les conditions de formation de l’équipe dirigeante confrontée à des manifestations à répétition, dans un pays au bord du gouffre.
La mission du gouvernement était donc de remettre le pays en marche et gérer les affaires courantes.
M. Caid Essebsi estime qu’il n’est pas le rôle d’un gouvernement transitoire de prendre des décisions qui engagent le pays à long terme ou d’effectuer des réformes importantes comme celle du système judiciaire.
Il récuse par ailleurs l’idée d’échec du gouvernement : l’amélioration de la situation du pays dans tous les domaines est nette.
Il a rappelé que la Tunisie a accueilli 900 000 réfugiés libyens, et que la guerre dans ce pays voisin a des impacts négatifs sur tous les domaines : économique et sécuritaire notamment.
Le gouvernement a tenté, selon le premier ministre, de faire face en assurant la réussite de moments clés comme le passage des épreuves du bac et l’approvisionnement du marché pendant le mois de ramadan. La hausse des salaires a été obtenue malgré la situation catastrophique de l’économie pou faire face à l’inflation dans les produits de base.
M. Beji Caid Essebsi s’est attardé lors de son discours sur un point essentiel : la justice. Si la réforme de la justice est laissée à la responsabilité du prochain gouvernement, la mise en examen des anciennes têtes du régime de Ben Ali est cruciale aux yeux d’une opinion qui considère la liberté accordée aux anciens acolytes de Ben Ali une provocation inacceptable.
Pour terminer, le premier ministre a considéré que son gouvernement pouvait avoir des lacunes mais que les accusations de retournement contre la révolution sont scandaleuses. La réussite des élections de l’assemblée constituante est une condition sine qua non pour la réussite de la révolution.
M. Beji Caid Essebsi a été relativement applaudi à la fin de son discours, ce qui prouve qu’il jouit encore d’une certaine confiance dans l’opinion publique.
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