
Silencieuse pendant 23 ans, au point de passer pour complice du régime Ben Ali, l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens (UGTT) tente aujourd’hui
de redorer son blason en appuyant de toutes ses forces, les revendications de certaines franges de la population.
Il s’agit de la plus ancienne organisation de la société civile et celle ayant le plus grand nombre d’adhérents. Profitant de cet avantage non-négligeable, la centrale syndicale pèse de tout son poids sur les décisions politiques. Si l’UGTT se présente comme un canal pour les revendications sociales de la population, elle est omniprésente sur le plan politique.
D’abord, l’UGTT prend les habits d’un parti politique. Elle appuie l’idée de formation d’un gouvernement transitoire, participe aux négociations et se voit attribuer trois portefeuilles ministériels. Mais la centrale syndicale fait très vite volte-face en se retirant du gouvernement et en demandant la démission des membres encartés du RCD (ancien parti unique).
Elle précise qu’elle n’a pas vocation à être présente dans un gouvernement et qu’elle entend rester à l’écoute de la « Rue ».
Par la suite, la centrale syndicale reprend son rôle de partenaire social, et met la pression sur le gouvernement. Il faut, engager des négociations salariales, le plus vite possible, pour répondre aux revendications des travailleurs. Elle encourage plusieurs grèves dans des secteurs sensibles comme l’éducation ou les transports qui mettent à mal une reprise déjà fragile de l’économie.
Puis, l’UGTT soutient les manifestations (qui engendreront quelques débordements) contre ce gouvernement transitoire et obtient gain de cause, le 27 Janvier 2011, puisque le premier ministre Ghannouchi annonce un premier remaniement.
Le 27 Février 2011, suite à la démission du premier ministre Ghannouchi, l’UGTT appelle à la formation d’un nouveau gouvernement, la création d’une assemblée constituante et d’un conseil pour la protection de la révolution.
Le jour même, elle conteste la nomination de Béji Caied Essebsi au poste de premier ministre par la voix de son secrétaire général Abdessalem Jrad qui déclare que « la centrale syndicale n’a pas été consultée » et que la décision a été prise de manière précipitée.
On est en mesure de se demander : « A quoi joue l’UGTT » ?? Que cache cette volonté d’engager un bras de fer sur tous les sujets ?? Ne serait-il pas plus responsable de privilégier une certaine continuité de l’Etat au lieu d’encourager à la création d’instance n’ayant aucune légitimité ?!! Le pays est confronté à une crise politique et sécuritaire sans précédent pourtant M. Jrad continue de n’en fait qu’à sa tête.
Au vu du blocus imposé par Jrad et compagnie des milliers de tunisiens se sont posés des questions sur l’intégrité et les intentions du Bureau exécutif de la Centrale Syndicale.
Certains ont même été jusqu’à accusé le bureau exécutif de l’UGTT de « voleurs » qui se seraient bien remplis les poches sous le règne de Ben Ali (terrains, immeubles, autorisations administratives lucratives, emplois grassement rémunérés pour leurs proches etc.) en contrepartie de leur ralliement au pouvoir de l’époque. A en croire ces adeptes de la théorie du complot, l’UGTT n’aurait, donc, aucun intérêt à la stabilisation du pays et à son basculement vers un régime démocratique qui pourrait contraindre les Jrad et Briki à des poursuites judiciaires !
Enfin après la démission de plusieurs ministres et suite à l’entretien qu’a eu M. Jrad avec le nouveau premier ministre M. Caid Essebsi, espérons de voir une UGTT plus consciente et plus responsable. wait and see.
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