
Durant les dernières semaines qui ont précédé le 5ème congrès du Parti Démocrate Progressiste (PDP), la tension était perceptible entre deux
courants totalement opposés. Il s’agit, dune part, d’un courant réformateur conduit par les chefs de file Mohamed Hamdi, Mehdi Ben Gharbia, Mahmoud Baroudi et Mahmoud Smaoui et d’autre part d’une aile conservatrice conduite par Néjib et Issam Chebbi, Maya Jeribi, Mongy Ellouze, Tijani Zaied, Mahmoud Mzoughi et Iyed Dahmani…
Ce constat était clair bien qu’un membre du comité des experts de ce parti ait tenu à démentir nos informations dans notre article publié le vendredi 6 avril sous le titre : « Pas de division au sein du PDP ». Dans cet article, ce membre a estimé que les propos tenus par certains élus, et particulièrement Mahmoud Baroudi, Mehdi Ben Gharbia et Mohamed Hamdi, ne sont pas considérés comme des voix discordantes mais plutôt comme l’expression d’un pluralisme des courants de pensée au sein du parti, à l’instar de ce qui se passe dans divers grands partis dans des pays démocratiques. Avant de rappeler qu’il y a un consensus sur les cadres du Parti et un respect total de leur militantisme, malgré ce genre de déclarations critiques disproportionnées par certains malintentionnés !!!
Mais voilà que ce 5ème congrès, qui s’est tenu à Sousse et qui a précédé le congrès de fusion des partis centristes, est venu confirmer ce que certains ont essayé de cacher durant de nombreuses semaines.
En effet, l’ambiance était électrique entre deux clans, surtout que les conservateurs ont accusé les réformistes de traitrise, alors que ces derniers ont accusé le clan des Chebbi de faire à leur guise pour garder les rênes du parti.
Très critiques, les réformistes ont estimé que les préparatifs du congrès se sont déroulés dans le black-out total, que les militants n’ont su qu’à la dernière minute la composition du comité d’organisation du congrès et que le programme a été modifié pour servir les intérêts des conservateurs.
Outre la programmation, la politique du parti et les raisons de son échec, les débats ont été houleux autour du rapport financier. Ils se sont prolongés jusqu’à 5h du matin dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 avril, surtout après que les congressistes aient été informés que la campagne électorale qui a précédé les élections du 23 octobre a coûté au parti la bagatelle de 3,5 millions de dinars!
Mais la tension a atteint son comble avant l’élection du comité central lorsqu’une liste des 156 noms à élire a circulé en catimini dans les coulisses.
Dans cette liste, qu’on disait «cautionnée» par la direction du parti, figurait un nombre disproportionné de « Marsois » et d' »Arianais », alors qu’elle ne comportait pas les noms de certains élus de la Constituante comme Mehdi Ben Gharbia et Mahmoud Baroudi.
Les réformistes ne sont pas restés les bras croisés. Ils ont distribué à leur tour, auprès des congressistes, une liste de noms à élire. Leur leader Mohamed Hamdi a même distribué un document très critique contre Nejib Chebbi et son clan, dans lequel il a présenté les raisons du fiasco du parti dans les élections du 23 octobre.
Bien que de nombreux réformateurs aient accédé au comité central, malgré ces « consignes », ils ont été par la suite « démocratiquement » exclus du Bureau Politique et du Bureau Exécutif.
Et c’est finalement toute la « vieille garde » du parti qui s’est retrouvée aux commandes du nouveau Parti Républicain, fruit de la fusion avec les partis centristes.
Mis à part le fait que les réformateurs aient payé très cher leur opposition aux conservateurs, ce sont les experts du PDP qui ont été les grandes victimes de ces élections, à l’instar de Moncef Cheikhrouhou, Abdelmajid Mssalemi, Souheil Oueslati, Elyes Derouiche, Néji Gharssali, Ahmed Bouazzi ou encore Mahoud Smaoui.
En définitive et vu l’évolution des problèmes, on peut dire que le PDP n’est pas sorti grandi de son 5ème congrès, bien au contraire, il en est sorti affaibli et divisé ; avec un bureau politique et un bureau exécutif amputé des certains représentants du parti à l’assemblée constituante, ainsi qu’avec la défection immédiate de nombreux militants tels que les jeunes de Sfax.
Heureusement que cette fusion avec les autres partis centristes est venue à temps pour lui donner une nouvelle dynamique capable de faire retrouver à ses cadres le rang qui convient à leur militantisme dans la paysage politique du pays.
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