
Une révolution, est une période de la vie du peuple pendant laquelle la haine accumulée depuis des années contre le pouvoir éclate non seulement
en paroles, mais aussi en actes.
Le peuple ne s’est pas limité à faire chuter le régime Ben Ali mais a décidé de prendre le pouvoir ! Aidé par les médias, une partie du peuple commence à insulter à tout va. Cette insulto-thérapie s’est transformée sur le terrain en exigeant tout et tout de suite.
Des chômeurs ont exigé d’être embauchés immédiatement, des salariés ont demandé la renégociation des salaires, d’autres ont réclamés le départ de leurs PDG. En même temps des manifestations et sit-in se sont multipliés pour demander à ce qu’on vire le gouvernement une première et une deuxième fois et à chaque fois les vœux ont été exaucés. Maintenant certains promettent un Kasbah 3 !!
En cette période postrévolutionnaire, nul ne peut ignorer le dictat de la rue !! Une rue qui impose ses lois aux gouvernants et détient carrément le pouvoir exécutif.
D’ailleurs, pour calmer les esprits, le gouvernement s’est permis d’agir en dehors de ses prérogatives. le 25 février 2011, soit deux jours avant le départ de Mohamed Ghannouchi, le gouvernement, a fait le travail de la justice en saisissant des avoirs et des biens appartenant à 110 personnes (des enfants en bas âge figuraient dans la liste) proches du couple Ben Ali !
Autre point important, c’est que la rue influence directement l’appareil judiciaire. Ce fut le cas quand M. Farhat Rajhi a accédé à la pression de la rue en présentant au Tribunal de première instance de Tunis, une demande pour la dissolution du parti du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD).
Deux semaines plus tard, le tribunal de 1ère instance de Tunis a décidé, à son tour, de céder au caprice du peuple et a dissous le RCD.
A ce sujet, M. Néjib Chebbi (juriste) fut l’un des rares politiciens à avoir eu le courage d’émettre des réserves quant à l’indépendance de la justice qui dit-il « a expédié certaines affaires sous la pression de la rue ou celle du gouvernement de transition. ».
Eu égard à l’affaiblissement du pouvoir judicaire nous sommes en droit de se poser des questions quant à la capacité de cet instrument à prendre les bonnes décisions en ce moment !
En effet, le pouvoir judiciaire s’étiole au profit de l’exécutif (pressé par le peuple), qui fait passer nos magistrats au rang de simples accessoires du système.
D’ailleurs, certaines parties semblent vouloir profiter des faiblesses du pouvoir judiciaire pour s’engager dans une chasse aux sorcières. Croisons les doigts pour que justice soit faite et que la magistrature, grande malade et victime du régime Ben Ali retrouve enfin son indépendance et sa crédibilité.
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