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Tunisie: Le pouvoir ou la patrie !

6 septembre 2013
in Chroniques
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Après des négociations qui s’éternisent et les tentatives avortées de réconciliation nationale, les Tunisiens s’apprêtent à sortir les mouchoirs pour pleurer leur Tunisie et ses élites politiques.

Attendues comme des icônes de la probité et du patriotisme désintéressé  capables de sauver le pays des griffes des anciens prédateurs accrochés aux fastes et aux privilèges de la république, les nouvelles élites politiques  se révèlent hélas  aussi assoiffées de pouvoir  et aussi affamées d’autoritarisme et la guerre fratricide sans règle, ni principe, ni déontologie  est la parfaite illustration  de cette obsession maladive de gouverner.

Les Tunisiens ont été trahis. Leur révolte confisquée, leurs revendications oubliées, leur dignité bafouée, leurs situations précarisées, leur sécurité menacée, l’avenir de leurs enfants suspendus et leur identité reniée. Ils  sont  offusqués par cette nouvelle  élite plus prompte à retourner la veste et à s’accrocher au pouvoir qu’à baliser les fondements d’une société prospère, pacifiée  et aimante.

La révolte n’a été féconde que de haine, de misère, de violence et d’égoïsme. Le blocage actuel  est un désaveu et un camouflet  pour   ces hommes politiques  se présentant comme des  icônes de la démocratie,  se prévalant de la stature de fervents défenseurs de la veuve et de l’orphelin  et  d’irréprochables  patriotes. Ils ne sont en réalité que de féroces ogres  de pouvoir, de faux démocrates animés d’une intolérance primaire, d’égoïstes  maladifs plus préoccupés par leurs destins et leurs auras politiques que par le sort d’un peuple et l’avenir d’un pays.

De  remparts contre le clientélisme, d’hommes de rupture avec les anciennes pratiques claniques  ,de dépositaires d’un nouvel ordre moral et politique et d’apôtres de l’honnêteté et du patriotisme, les  nouveaux prédateurs de la politique n’ont fait que creuser davantage le fossé entre le peuple et son élite.

Aveuglés par le pouvoir, reclus dans leurs considérations idéologiques et éloignés des vraies préoccupations des petites gens, les hommes politiques, jadis unis et solidaires contre la  dictature,  sont devenus ennemis intolérants et intransigeants, la divergence idéologique a laissé la place à la haine et l’allégeance partisane à supplanté l’allégeance patriotique.

Les  Tunisiens sont lassés de ce combat de coqs, dégoûtés de ces nouveaux prédateurs de tous bords et les implorent à plus de retenue dans leurs discours , plus de respect pour les gens qui souffrent, plus de gratitude envers  les martyrs qui ont donné leurs vies, plus de considération pour les  aînés qui ne se reconnaissent plus dans ces débats stériles et plus d’égard pour les nouvelles générations qui scrutent l’avenir avec méfiance , crainte et incertitude.  

« Aujourd’hui, nous prions  pour que toutes les composantes de la classe politique et de la société civile fassent prévaloir l’intérêt national  afin de  sortir le pays de cette impasse et offrir aux Tunisiens une société prospère et aimante. Islamistes, progressistes, modernistes, communistes…doivent fêter ensemble  ce vent de liberté qui souffle sur notre pays  et démontrer aux millions de Tunisiens qui ont bravé la répression que leur combat n’est pas vain. »,  s’est exclamé un jeune tunisien dépité par l’attitude de ces hommes politiques pour qui le seul combat qui vaille n’est pas celui de la patrie mais celui du parti.

Jalel JEDDI

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