
L’engagement en faveur de son pays n’est pas un vain mot pour M. Abderrazak Zouari. Après plus de 8 mois passés au gouvernement, cet universitaire et expert en économie, a annoncé récemment sur ExpressFM son intention de partir du Ministère du développement régional, affirmant son attachement au principe de l’alternance.
Le développement régional était une thématique totalement exclue des priorités des gouvernements tunisiens depuis des décennies. Le fossé entre les régions a atteint un tel niveau que des jeunes, des hommes et des femmes sont sortis dans la rue pour crier leur ras-le-bol face à la misère et l’exclusion.
Conscients de l’importance de la tâche, M. Zouari et ses équipes ont essayé de concevoir une nouvelle vision du développement régional à même de réduire les écarts entre les régions. A cet effet, un livre blanc a été élaboré en vue de préparer le terrain au prochain gouvernement.
Ce livre blanc constitue ainsi pour M. Zouari le flambeau qu’il a l’intention de passer à son successeur pour continuer l’œuvre. Ce ministre s’est engagé à travailler son pays jusqu’à la tenue de la première réunion de l’assemblée constituante et il tient parole considérant que « l’alternance est une belle chose ».
« Alternance » ! Ce terme employé par M. Zouari ne devrait pas passer inaperçu afin de garantir un meilleur avenir pour notre Tunisie . L’alternance est l’idée que des partis ou courants politiques se succèdent de manière pacifique au pouvoir. Ainsi les intérêts de la majorité des citoyens sont protégés.
L’alternance est en effet l’essence même de la démocratie. Plusieurs pays ont connu ou connaissent une alternance comme les Etats-Unis, l’Angleterre, la France. D’autres pays, pourtant jugés démocratiques, n’ont connu l’alternance que récemment, comme le Japon, qui était gouverné depuis les années 1950 par les conservateurs.
Mais l’alternance reste une belle idée totalement inconnue aux nations arabes. Depuis plus de 1400 ans, Ces nations étaient gouvernées par des despotes, tantôt éclairés, tantôt fous sanguinaires, mais le pouvoir était souvent aux mains d’un cercle restreint. Même après la décolonisation, aucun des nouveaux Etats arabes ne s’est inscrit dans la démocratie comme régime, les chefs d’Etats cherchant à se maintenir au pouvoir au prix de tant de crimes. Pour autant, l’autocratie est-elle une fatalité pour les pays arabo-musulmans ?
Depuis le 14 Janvier et la chute du régime de Ben Ali, un vent nouveau souffle sur le monde arabe. Des révoltes éclatent dans ses quatre coins et balaient les régimes corrompus. Beaucoup d’observateurs voient mal des pays comme la Tunisie, l’Egypte ou la Libye basculer de nouveau dans la dictature, toutefois l’idée de l’alternance doit être ancrée dans les mœurs politiques de ces démocraties naissantes, afin que petit à petit le monde arabe retrouve son rayonnement et ses lustres d’antan.
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