
Pour éclairer l’opinion public et donner la version administrative se rapportant aux événements survenus à l’hôpital Hédi Chaker de Sfax, ces derniers jours, Le directeur général de l’établissement, Jamel Abdelhakim a tenu, jeudi 26 juillet, une conférence de presse
au cours de laquelle il a dévoilé ce qu’il a qualifié d’une « série d’infractions financières et de violations morales et humanitaires, ainsi que des fautes professionnelles » commises, selon lui, par le bureau syndical, qui a dirigé le sit-in à l’hôpital, durant cinq mois, avant qu’il ne soit dispersé par la force sur la base d’une décision de justice, le 20 juillet 2012.
Il a d’abord relaté les différentes étapes et procédures entreprises par la direction générale depuis le 16 février dernier et a rappelé que cinq tentatives visant à redémarrer le fonctionnement des services administratifs ont échoué à cause de la rigidité du bureau syndical.
Le recours à la justice était donc devenu impératif pour lever le sit-in et regagner les locaux administratifs. Le responsable de l’hôpital a expliqué que l’ensemble des violations dont il a cité des exemples font l’objet, aujourd’hui, de plaintes, déposées auprès des tribunaux, et dont le nombre est de 30 affaires, notamment pour « entrave aux activités d’un service public », « l’obstruction à la liberté du travail, la prise en otage d’agents et l’agression de collègues au travail », ainsi que des « dossiers de favoritisme et de corruption financière ».
Il a ajouté que « parce que j’ai découvert toutes ces infractions et j’ai voulu des réformes, ils ont cherché à me faire partir par tous les moyens et sans aucune raison sérieuse et convaincante ».
Cette décision n’ayant pas été acceptée par le syndicat, celui-ci s’est opposé aux forces de l’ordre le 18 juillet courant, causant des blessures de part et d’autre.
Jamel Abdelhakim a aussi énuméré plusieurs infractions et crimes dont le bureau syndical et ses partisans sont responsables.
Concernant les propos véhiculés par le syndicat qui accuse le DG d’appartenance au parti Ennahdha et à l’ex-RCD, Jamel Abdelhakim a démenti ces accusations en précisant qu’il est l’un des quatre spécialistes en gestion hospitalière mais qu’il a attendu la révolution pour être récompensé et nommé Directeur général par le gouvernement de Beji Caied Essebsi ce qui témoigne encore une fois que ce n’est pas grâce à Ennahdha qu’il est à son poste.
S’agissant du dossier des infractions commises par les membres du bureau syndical, il a souligné que « l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) n’a jamais été une organisation qui accepte ces violations », tout en adressant un appel à la centrale syndicale « pour assumer ses responsabilités afin de mettre fin à ces pratiques » qui, a-t-il ajouté, « portent atteinte, au même titre, au prestige de l’établissement et de l’organisation.
Le directeur général de l’hôpital a, en outre, fait part de son étonnement face à la position de la section de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) qui a dénoncé « l’atteinte portée par les agents de sécurité à l’intégrité de l’établissement hospitalier.
« Où se trouvait cette organisation humanitaire alors que des agents de la santé étaient séquestrés alors qu’ils saignaient »? s’est-il interrogé. « Où était la ligue lorsqu’un bébé fille est morte dans les couloirs de l’hôpital et qu’elle n’avait pas été conduite à la morgue, en raison de l’obstruction au fonctionnement du service d’accueil et d’enregistrement ? a-t-il dit.
D’autre part, des agents de la santé publique des hôpitaux universitaire, Hédi Chaker et Habib Bourguiba, ainsi que des dispensaires de Sfax ont observé un sit-in d’une heure, sur les lieux de travail, suite à l’appel lancé par la Fédération générale de la santé.
H. Ounelli
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