
La publication de la fameuse liste noire des journalistes corrompus par l’ancien régime est de nouveau le sujet d’une grande polémique.
En effet, depuis que le gouvernement a déclaré via Lotfi Zitoun, ministre conseiller auprès du Chef du Gouvernement, que la liste noire serait bientôt dévoilée, les réactions se sont multipliées.
Si la grande majorité a salué cette initiative très tardive pour dévoiler les vérités et commencer à assainir ce corps des médias qui reste le seul où personne n’a été touché après la révolution, certaines voix se sont élevées pour la critiquer estimant qu’elle entre dans le cadre du chantage et de l’intimidation exercés par certaines sphères du pouvoir afin de discréditer certains journalistes.
Il est à rappeler dans ce sens, qu’une pareille polémique a éclaté dès la fin du mois d’octobre 2011 et que le bureau exécutif du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) avait été la cible d’une campagne de dénigrement qui l’a obligé à l’époque, a exprimé son regret via un communiqué édité le samedi 29 octobre, de voir certains journalistes impliqués dans cette campagne de dénigrement… «Campagne qui a pour objectif de perturber le fonctionnement de la commission chargée de la détermination des critères pour l’établissement de la liste noire, précisant que l’appel en faveur de l’établissement de cette liste a été lancé, au début du mois de juin 2011, lors du deuxième congrès du SNJT».
Mais si aucune coordination n’a été entreprise durant de long mois entre le gouvernement et le SNJT dans l’établissement de cette liste, il semblerait qu’elle ne sera éditée qu’après concertation et vérification des preuves nécessaires entre les deux parties pour éviter les dérapages et les injustices.
Entretemps on a su que la liste noire des journalistes, établie par le gouvernement concernera :
– Les journalistes qui ont été payés par l’Agence Tunisienne de Communication Extérieure (ATCE) pour faire de la propagande à l’ancien régime et vanter sa politique et dont la majorité a été citée dans le rapport de la Commission nationale d’investigation sur les affaires de corruption et de malversation (CICM) .
– Les journalistes qui ont collaboré avec les services de la police politique en tant qu’informateurs, qui ont rédigés des rapports sur leurs collègues ou sur les opposants.
– Les journalistes qui ont servi jusqu’à la dernière minute (soit le 14 janvier 2011 au matin) le régime de Ben Ali et qui ont osé lui trouver des justifications pour opprimer la révolution.
Il semble, par ailleurs, que certains veulent inclure dans cette fameuse liste noire, les journalistes qui ont reçus des sommes faramineuses de régimes dictatoriaux étrangers, pour servir leur image en Tunisie.
Aux dernières informations, cette liste sera malheureusement longue et comportera des journalistes de renom prétendument «révolutionnaires» ou «indépendants» après le 14 janvier.
EM
Discussion about this post