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Tunisie: les Municipales 2012 ont déjà démarré en marge de la constituante !

1 novembre 2011
in Chroniques
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D’ores et déjà ils ont les charges de conseillers municipaux, bien que provisoires, parfois suite à de louches surenchères et controverses, acquérant ainsi un simulacre de légitimité plus ou moins consensuelle.

Mais, citoyenneté oblige, nous les soutenons, malgré tout, dans l’accomplissement de leur mission aussi provisoire soit-elle : La page est tournée. L’intérêt général prime !

Au début, les chantiers, lancés en fanfare, n’ont pas manqué : Revalorisations salariales, régularisations de situations administratives, etc.…qu’à cela ne tienne, les conseillers ont fait des concessions et accepté des compromis pour un retour à la normale.

Mais avec le temps, les conseillers se sont trouvés en train de soliloquer et de ruminer leurs propres idées, alors que pointent à l’horizon d’autres prétendants, de tout acabit, aux tant convoités sièges aux conseils municipaux.

Le temps d’une brève période de calme relatif et négocié, et à défaut de la mise en œuvre d’un plan de communication ciblé et ciblant, un flou entoura leurs activités permettant toutes les supputations.

Ainsi, un fossé s’est creusé entre les conseils municipaux et la population qui commence à déchanter.
Certains « Comité Locaux de Sauvegarde de la Révolution », qui les ont pratiquement placés, ont également exprimé leur désarroi à leur égard par des « Mises en Demeure » !

Dans un sursaut de bon sens, et afin de rétablir les canaux de communication, on a récemment eu vent, que certains conseils seraient entrain de noyauter les quartiers de leurs communes en exhortant les habitants à créer des « comités de quartiers » (lijane Al ahya’a). Initiative louable, je le concède !

COMITES DE QUARTIER OU COMITES ÉLECTORAUX ?

L’œil déjà rivé sur les imminentes élections municipales de 2012, les conseils provisoires devaient réagir avant les élections de la constituante, des élections qui sont, par ailleurs, un saut dans l’inconnu pour une bonne moitié des électeurs encore indécis dans un espace politique encombré par les partis et bigarré de couleurs à en avoir la berlue : heureux celui qui est Daltonien !

Partant de ce constat, les « Comités de Quartier », avec toute la bonne foi qui anime la majorité de leurs membres, pourraient servir aussi, dans leur élan et franc enthousiasme, pour la construction, en catimini, d’un socle électoral  pour le compte et sous l’impulsion de quelques conseillers en poste, pour leur baliser le terrain, encore bourbeux, des premières élections municipales démocratiques de l’histoire de leurs communes.

Selon des sources fiables, certains conseillers ne comptent pas laisser le siège qu’ils occupent dans cette période transitoire à d’autres prétendants de quelque mouvance que ce soit voire des indépendants.
Un comportement tout à fait naturel pour des personnes ayant vécu de rares expériences démocratiques, triste et patent résultat de plus de cinq décennies de dictature, de langue de bois et de répression.
En effet, dans la grande mêlée des campagnes électorales pour la constituante, certains conseillers ont estimé que leurs campagnes propagandistes passeraient inaperçues.

A telle enseigne, à la fin de leur mandat provisoire, ils accroîtraient leurs chances d’être élus, grâce aux activités et l’effervescence des « Comités de Quartier », et probablement à l’insu de ces derniers, car certains sont déjà infiltrés par leur affidés desquels on connaît l’appartenance et le credo : « …on prend maintenant, on légitime après… »

Ces agissements illicites qui abuseraient de sa confiance ne peuvent être cautionnés par le citoyen.
Grâce à dieu, cette grille de lecture ne s’applique pas à toutes les communes du territoire national.

Pour ne pas être en reste, j’ai décidé de rejoindre le comité de quartier duquel je dépends géographiquement. Sage décision que je ne regrette pas : J’y ai rencontré d’honnêtes citoyens qui n’aspirent qu’à sincèrement servir leur quartier : A priori, un bel exemple de l’action citoyenne, un authentique exercice d’une démocratie qui se veut directe.

En effet en tant que citoyen à part entière, j’ai choisi d’oeuvrer, dans le cadre du comité de mon quartier, pour le bien de ma communauté, jusqu’à confirmation ou infirmation du bien-fondé des allégations avancées et largement partagées par des citoyens avec lesquels j’ai eu l’opportunité de discuter.

Par les temps qui courent, critiquer sans participer est du dernier malhonnête, et on accuse celui qui ne se coule pas au moule commun, de contre-révolutionnaire et de négativiste. Nul ne veut être taxé de tels termes, qui investissent déjà la geste journalistique.

UNE MANIPULATION DE LA DEMOCRATIE DES RUES

Le conseil municipal, d’essence apolitique, doit avoir compétence en matières technique, économique et de gestion ou les décisions sont prises par consensus non par oukase. Les communes n’ont nul besoin de pédants populaires et populistes.

Quelques conseillers provisoires, essayent, subrepticement, de se bâtir une assise populaire faisant feu de tout bois, pour accroître leurs chances de demeurer en poste à l’issue des prochaines élections municipales.

Du reste, les « Comités de Quartier » s’ils sont intelligemment manipulés de l’intérieur, pourraient faire guise de comités de campagne électorale. Une dangereuse manipulation de la démocratie des rues !

Lesdits comités se réunissent régulièrement pour solutionner les problèmes de leurs quartiers : Hygiène et Propreté, Circulation et Voiries Publiques, Sécurité etc. pour les transmettre, sous forme de rapport, à la municipalité qui se dit à l’écoute de leurs doléances.

Mais, il y a loin de la coupe aux lèvres, la municipalité entend, mais n’écoute pas !

Un vieil adage, quelque peu misogyne, illustre éloquemment cette situation : «… demandez à la femme son avis, mais ne suivez point ses conseils… ». Mais ne dit-on pas aussi «…gare à la vindicte de la femme qui se sent trahie… »

Au demeurant, si toutefois les élections de la constituante tournent au bide, Dieu nous en préserve, les municipales de 2012 seraient, de facto, torpillées en vol et conséquemment le maintien des conseils provisoires en place ! Mais loin de là, les élections, bien que entachées de quelques abus accessoires, ont été menées dans la transparence, un exercice démocratique bien réussi !

DES ADVERSAIRES AYANT UNE LONGUEUR D’AVANCE

De part la nature de ses activités, la municipalité traite directement avec les citoyens de toutes les strates, disposant ainsi d’une impressionnante force de pénétration, pouvant faire de grosses vagues aux élections, une force vraisemblablement confortée par les « Comités de Quartier ».

Désormais, les nouveaux candidats, en particulier les Indépendants, seraient amenés à faire face à des adversaires déjà tapis dans des réservoirs institutionnels d’où il ne serait pas aisé de les déloger, puisqu’au niveau médiatique, ils les devancent largement sur le terrain qui leur est déjà partiellement acquis !

Heureux ceux qui ont des partis politiques influents derrière eux, qui devraient, par « courtoisie démocratique et politique » laisser le terrain libre aux sits indépendants !

Bien avant son lancement, la course électorale pour les municipales se trouve désormais déloyale et déséquilibrée.

Par souci d’équité, il serait juste que soit déchu de son droit de se présenter aux élections municipales 2012, tout conseiller provisoire soupçonné d’avoir abusé, médiatiquement, de sa position actuelle.

LE TUNISIEN NE PEUT ETRE EU A L’USURE

Je n’invites guère le lecteur à s’extasier à bon droit devant pareille analyse, qui n’est peut-être pas la meilleure, …l’erreur est humaine…, mais je l’exhorte à être lucide et d’agir en tant que citoyen à qui on doit rendre compte et qui ne peut se prêter à des jeux démocratiquement macabres, et à bon entendant demi-mot.

Le tunisien ne peut plus être eu à l’usure, il est alerte, socialement intelligent, et en perpétuel état d’éveil intellectuel pour assimiler les grands enjeux d’une démocratie naissante et défaire les  tristes desseins d’une petite minorité qui pourrait manipuler cette démocratie, avec plus ou moins de mæstria, pour servir ses propres intérêts et se coiffer du laurier d’une gloire que le peuple a remporté par sa bravoure, sa persévérance et son sang qui n’a pas encore séché même sous les rayons encore brûlants de l’astre du jour !

Farouk Ben Ammar, Ph.D

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