
La situation politique en Tunisie, dirigée depuis le 23 Octobre 2011 par une ANC amorphe, un président voyageur et 2 gouvernements successifs à dominance islamiste, est en train de plonger le pays dans une crise identitaire, politique et économique sans précédent. Cette situation a un impact de plus en plus fort sur la vie quotidienne des Tunisiens.
Insécurité, violence, chômage, inflation, cherté de la vie, ralentissement de l’activité économique, grèves à répétition, pénurie de certains produits, débats idéologiques et identitaires stériles, tunisianité bafouée, asservissement à l’ogre qatari, patriotisme menacé, tous les ingrédients d’une crise politique, culturelle et économique sont aujourd’hui réunis pour inquiéter la stabilité du pays.
Le mythe de la révolution commence à s’effriter et les Tunisiens lassés des effets dévastateurs de ces crises sur leur quotidien, commencent à regretter le temps de la dictature où malgré le clientélisme et l’affairisme des clans mafieux, ils avaient une certaine quiétude, s’en sortaient tant bien que mal grâce à une politique de maîtrise des prix et vivaient leur religion sans extrémisme ni dogmes wahhabites.
L’inquiétude et la contestation commencent à toucher tout le pays allant jusqu’à accuser la troika gouvernante des mêmes maux que l’ancien régime et un climat de suspicion sur la gestion des affaires et l’enrichissement de nouveaux dignitaires pèse lourdement sur la nouvelle élite politique. Une troika qui gouverne selon le principe de l’Amitié et pour qui la nomination à des postes stratégiques repose sur les critères de loyauté et d’allégeance à la place des critères du mérite et des compétences.
Comme si la destinée de la Tunisie est étroitement liée à des oligarchies qui une fois au pouvoir, ne se soucient guère du peuple et foncent têtes baissées à se remplir les poches, à placer leurs pions dans des postes stratégiques et à abuser des deniers de l’Etat et même la manœuvre du dernier remaniement qui visait à contrôler le mécontentement populaire,à redorer le blason de certains dignitaires attrapés par les scandales et à désamorcer la grave crise tarde à donner ses effets.
L’écrasante majorité des figures politiques au pouvoir baignent dans des scandales de clientélisme, de nominations douteuses, d’incitation à la violence, d’allégeance à des forces étrangères et d’incapacité flagrante de gérer le pays et de procéder à des reformes pour rétablir l’équilibre, booster l’économie et maitriser la flambée des prix.
Un sentiment de mépris de la classe politique gagne les Tunisiens et le triomphalisme de la légitimité électorale des gagnants au dernier scrutin est confronté et nuancé par leur incapacité à répondre aux aspirations de la population et leur incompétence à comprendre les motivations des jeunes qui ont conduit à cette révolution.
Les vents sont en train de tourner, l’imposture politicienne se dévoile , et gouverner avec la casquette religieuse n’est plus un gage de probité, de droiture et d’honnêteté et les politiques se doivent de poser les fondements d’un régime méritocratique dans lequel l’alternative à l’allégeance doit reposer exclusivement sur la compétence, le patriotisme et la capacité à construire une vraie société prospère et moderne.
Jalel JEDDI
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