
Peu après la chute du régime Ben Ali, un phénomène commence à apparaître. Il s’agit des accusations d’apostasie. Sur les plateaux de
télévision ou ailleurs, on assiste, de plus en plus, à des scènes où des individus, qui se croient plus musulmans que d’autres, accusent certains de leurs concitoyens de tenir des propos blasphématoires et d’avoir des discours qui insultent la divinité.
Afin de mettre fin à cette nouvelle méthode de censure, le président de la République, Moncef Marzouki, a appelé à cesser les accusations de blasphème utilisées pour exprimer des divergences de point de vue.
De telles pratiques, souligne-t-il, menaceraient la paix entre les citoyens d’un même pays et pousseraient à la discorde.
Dans un communiqué rendu public, samedi, par le porte-parole de la présidence de la République, M. Marzouki invite le président de l’Assemblée nationale constituante, Mustapha Ben Jaafar, et les membres de l’Assemblée « à trancher sur la question à travers l’adoption d’une loi qui incrimine les accusations de blasphème, fait encourir à leurs auteurs des
poursuites pénales et préserve la cohabitation, la fraternité et la solidarité entre les Tunisiens ».
La présidence de la République exprime, dans ce communiqué, sa grande préoccupation des accusations de blasphème colportées par certains individus, ajoutant que « personne n’a le droit de porter de telles accusations contre un concitoyen », car un tel comportement « risque de conduire à la violence ce qui est répressible par principe ».
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