
Précédé par M. Hamadi Jebali, chef du Gouvernement, qui s’est adressé aux tunisiens à la veille de la fête de l’indépendance, le président de
la République Moncef Marzouki a eu le temps de peaufiner son discours et à réussir là où Jebali a échoué.
Hamadi Jebali a certes rassuré les tunisiens au sujet du renforcement du régime républicain démocratique et des symboles nationaux qui, dit-il, devraient être hissés au dessus des conflits et des rivalités partisanes ou idéologiques, cependant le chef du Gouvernement a sorti un discours axé sur la révolution et les défis qui nous attendent.
Un discours hors sujet à en croire certains commentateurs qui trouvent que Jebali a amalgamé fête de l’indépendance et Révolution et qui considèrent que ce dernier a commis une faute grave en omettant de prononcer le nom d’un des symboles de l’indépendance à savoir feu Habib Bourguiba.
Contrairement à Jebali, Moncef Marzouki a tenu un discours fédérateur en appelant, à plusieurs reprises, à l’unité pour préserver un Etat civil fondé sur le pluralisme et le respect mutuel.
« La Nation ne peut se construire d’une seule couleur ni d’une seule matière, elle est diverse et plurielle par essence », a-t-il indiqué, arguant qu’il s’agit là d’une « preuve de richesse et un facteur de complémentarité et non de division ».
Le Président de la République a également souligné l’importance d’une « véritable réconciliation » entre les tunisiens, tout en rappelant que la concrétisation de ces ambitions ne peut se faire que dans le cadre d’une unité nationale.
« La Tunisie a vécu ces derniers temps deux tentatives majeures d’ébranler cette unité », a-t-il fait savoir: la première à travers l’atteinte au drapeau sacré « remplacé par un étendard totalement étranger à nous » et la deuxième par la profanation du saint Coran, « un crime méprisable et odieux », a-t-il dénoncé.
« Ces tentatives portent clairement des intentions de dissension et de discorde », a encore prévenu le président Marzouki, se félicitant de l’élan collectif des tunisiens qui ont répliqué d’une seule voix et montré leur attachement solidaire au sacré ».
Pour couronner le tout, ce fervent Youssfiste n’a pas manqué de faire en sorte que son discours fédérateur et réconciliateur concorde avec les actes. A ce titre, au cours de cette cérémonie officielle tenue à Carthage, Marzouki a invité les familles des martyrs youssfistes et à leur tête la veuve du leader Salah Ben Youssef ainsi que la famille du leader et Président Habib Bourguiba.
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