
Maya Jeribi, présente devant le tribunal
MISE A JOUR – C’est ce matin du mardi 2 octobre, que la jeune femme violée par deux policiers doit comparaître devant un juge d’instruction à Tunis.
Rien n’a filtré sur la comparution de la victime qui doit, toutefois, comparaître en tant qu’accusée !
Depuis un mois, cette affaire a été marquée par de multiples rebondissements. Violée, la victime est accusée d’atteinte à la pudeur alors que les présumés violeurs, deux policiers sont actuellement en état d’arrestation avec un troisième policier, mais se défendent en arguant le fait que leur accusatrice était dans une « position indécente », en compagnie de son fiancé, lorsqu’elle a été interpellée.
C’est cette accusation qui lui doit, aujourd’hui, de comparaitre et qui peut lui coûter 6 mois de prison.
Une accusation, accueillie par de vives condamnations de la part des défenseurs des droits de l’Homme et de plusieurs ONG et partis politiques de l’opposition.

L’arrivée de la jeune femme violée
Des centaines de personnes se sont regroupées, ce matin, depuis 8H00, devant le tribunal, pour se mobiliser en faveur de la jeune femme. De nombreuses personnalités comme les membres du Parti Républicain, se sont rendues devant le tribunal à l’instar de Maya Jeribi, Ahmed Néjib Chebbi, Issam Chebbi, Said Aydi, Yassine Ibrahim, etc.
Alors que la comparution devait débuter à 09H00, rien n’a filtré sur ce qui se passait à l’intérieur de l’enceinte du tribunal. Cette attente et le secret qui s’est emparé de cette affaire ont poussé certains, mobilisés devant le tribunal, à vouloir pénétrer dans le tribunal, mais ils en ont été empêchés par les forces de l’ordre.
Samedi, des dizaines de personnes, en majorité des femmes, ont protesté à la place des droits de l’Homme à Tunis contre la poursuite en justice de cette jeune femme.
Rappelons que le 3 septembre 2012 à Aïn Zaghouan, la jeune femme a été interpellée avec son ami en « position immorale », selon la version de la police. Elle aurait été violée par deux policiers tandis qu’un troisième maintenait son compagnon menotté, selon sa version.
La jeune femme a porté plainte contre des policiers avant que le procureur de la République ne porte plainte contre elle et son fiancé pour « obscénité ostentatoire préméditée ».

Said Aydi
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