
Mondher Thabet n’est finalement pas passé à l’acte. Il avait pourtant menacé de commencer une grève de la faim mardi 19 Avril. Ce jeûne avait
pour but de protester contre « l’exclusion et le dénigrement dont font l’objet certains démocrates » et « le terrorisme juridico-médiatique pratiqué par certains ». Il a bien voulu s’en expliquer via Espace Manager.
Selon M. Thabet, il y aurait confusion dans l’imaginaire de certains, entre des personnalités politiques comme lui ou encore M. Ismael Boulehya, qu’il considère comme démocrate, et les symboles du régime déchu.
Il proteste contre la déviation des médias sur sa personne et sur son parti soulignant un manque total d’objectivité. Il serait selon ses dires « la cible d’un lynchage médiatique visant à salir son histoire et son passé militant pour la démocratie et les droits de l’Homme ».
Le secrétaire général du PSL (parti social libéral) a regretté qu’il soit comparé à un nazi, en estimant qu’il n’avait pas de sang sur les mains. Il affirme que son histoire ne se résume pas à son passage à la tête du PSL entre 2006 et 2010.
Durant ces années, cet ancien trotskiste a expliqué s’être toujours exprimé au nom du bureau politique de son parti selon une ligne de conduite bien claire. Il se décrit comme un réformiste qui n’est entré dans le jeu avec le pouvoir que dans une perspective de réformes démocratiques à un moment où Ben Ali jouissait d’une réputation exécrable en matière de Droits de l’Homme.
Il considère que c’était une erreur : il avait voulu profiter de l’ouverture du pouvoir en place pour reconstruire un parti en lambeaux infiltrés par les services secrets.
Revenant au terme « terrorisme juridique », M. Thabet a expliqué cela par les pressions qui sont exercées sur la justice de la Tunisie post-révolutionnaire. Il fait remarquer qu’un juge ne pouvait rendre une décision dans la sérénité alors des slogans sont criés devant la cour. Il demande que la justice soit indépendante de toute pression et que le conseil supérieur de la magistrature (CSM) soit élu.
Le terme « Opposition de papier » semble irriter le secrétaire général du PSL qui assure que son parti subissait également les pressions de la dictature. Il estime que c’est un terme issu d’une terminologie fasciste qui vise l’exclusion. Non sans amertume, Mondher Thabet songe à quitter le PSL pour redevenir indépendant. Lui qui étudiait la Philosophie et les Sciences Politiques dit vouloir continuer à militer.
On peut dire qu’à sa décharge, Mondher Thabet est un ancien militant de l’UGET connu pour ses positions pro- Démocratie. Mais à sa charge, il y a un florilège de déclarations et de communiqués qui n’ont cessé de vanter le bilan du dictateur. Il n’a pas vu venir la révolution et peut-être c’est la pire chose qui pouvait lui arriver à lui et à tant d’autres.
Espace Manager
Discussion about this post