
Comme on l’avait écrit dans un article édité la semaine dernière sous le titre : « La Tunisie s’apprête à vivre des heures tumultueuses », le différend entre la Présidence de la République et la Présidence du gouvernement n’a pas été réglé et la tension bat son plein entre les deux parties.
Malgré certaines tentatives de réconciliation, le différend s’est accentué encore plus entre Marzouki et Jebali. La décision annoncée ce lundi 2 juillet 2012 par le cabinet de la présidence du gouvernement à la Kasbah concernant le maintien de Mustapha Kamel Nabli comme gouverneur de la Banque Centrale, et ce, en dépit de l’annonce de son limogeage par le Président provisoire de la République Moncef Marzouki, vient confirmer ce grand malaise.
Ce conflit met de plus en plus en danger non seulement l’avenir de la Troïka au pouvoir, mais aussi celui de la Tunisie.
En effet bien que Mustapha Kamel Nabli fût dans le viseur de la Troïka depuis son avènement au pouvoir et bien que la décision de son limogeage ait été prise par les trois Parties et par le gouvernement depuis le mois de mai, voilà que Ridha Saïdi, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des dossiers économiques, prend tout le monde à contrepied en annonçant à l’agence «Associated Press», que Mustapha Kamel Nabli restera le gouverneur de la BCT et que le président de la République n’a pas eu l’aval du chef du gouvernement pour le limoger.
Cette décision, qui représente une deuxième humiliation pour le Président Provisoire Moncef Marzouki en l’espace de quelques jours, risque d’avoir de dangereuses retombées.
D’un autre côté, les enfantillages et bras de fer qui se jouent au sommet de l’Etat, engendrant un tohu bohu démesuré, dénotent un amateurisme politique sans précédent.
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