
« Un peuple en état de révolution est invincible » Maxime Isnard
« Malheur à une nation où une simple minorité se comporte comme une nation »
Lénine
كثير من سياسي بلدنا يعيشون في الماضي المفقود … فمنهم من يبحث عن خلافة يقدسونها …. اخرون يحلمون بالزعيم و ثلة اخري مازالت تنظر لاشتراكيات فشلت و تجاوزها العصر …. وقليل من هم يؤسسون لمستقبلنا بادوات عصرنا
La Tunisie éveille partout la curiosité, puisqu’il y a trente mois, le printemps arabe y est né. Comme notre pays compte parmi les plus évolués et les plus homogènes du monde arabo-africain, l’on s’inquiète –à juste titre– de le voir gouverné, pour la première fois de son histoire, par les islamistes, pressés de transformer le pays à leur guise.
C’est pourquoi, plus de deux ans après la « révolution de la dignité », la Tunisie n’a toujours pas recouvré la confiance qui lui serait nécessaire à sa sortie de crise de transition. Les promesses de projets tardent à se concrétiser. Le chômage flambe encore et on renoue, parfois même, avec les pénuries de lait, de patate, d’eau minérale… La situation sociale est aussi inquiétante car le mécontentement est général, étant donné que la richesse est toujours inégalement et injustement répartie. À une politique économique qui a privilégié auparavant la rente au profit d’une minorité proche du pouvoir a succédé aujourd’hui hélas une politique économique court- termiste qui mise essentiellement sur la consommation. En plus, la forte dépendance à une Europe malade en est aussi une parmi les causes principales de notre crise.
Heureusement, à la mi-mai 2013, la Tunisie donne l’impression d’avoir arrêté sa dégringolade, ou même de réussir un léger redressement. Quelques signes de cette évolution favorable :
-Certes la sécurité n’est pas entièrement rétablie, mais le sentiment d’insécurité s’atténue;
-La justice assume presque son rôle de contrepouvoir face aux excès islamistes, elle a non seulement acquitté le doyen de la faculté des lettres de la Manouba, défenseur de la « laïcité républicaine », mais, en même temps, a condamné les étudiantes salafistes qui ont saccagé son bureau.
-Le tourisme n’est certes pas flamboyant, mais pas aussi sinistré qu’on le dit : les hôteliers récupèrent progressivement leurs clients au lieu d’en perdre.
-L’Assemblée nationale constituante ANC, décriée pour sa lenteur et l’absentéisme de ses membres, achève quasiment l’élaboration du projet de constitution et le tient prêt à être soumis au vote des constituants. À sa lecture, on est agréablement surpris, car il proclame l’égalité entre hommes et femmes et confirme les tunisiennes dans tous les droits qu’elles ont acquis au cours du dernier demi-siècle.
Cela pour le positif. Mais, le côté négatif domine encore : l’économique souffre, l’investissement n’a pas repris et ne semble pas devoir le faire à court terme ; les opérateurs économiques, qu’ils soient tunisiens ou étrangers, ne trouvent pas encore de raisons de s’y engager. Ils ne le feront vraisemblablement que lorsque notre pays sera sorti de la transition, car, à ce jour, il n’y a ni plan, ni stratégie, ni vision économiques claires.
Bref, les stratèges politiques prédisent que la période de gestation dans laquelle est entrée la Tunisie depuis le 14 janvier 2011 ne débouchera sur une 2ème république stabilisée que dans cinq ou six ans. La Tunisie sera alors de nouveau un havre de paix, un petit pays où il fait si bon vivre, et où il fait aussi si bon investir; un pays tolérant, hospitalier et ouvert sur le monde entier; un pays qui a hâte de réussir le défi de se développer et de se moderniser ; un pays des droits des femmes; un pays qui tire sa force et sa fierté de son capital humain, de sa scolarisation généralisée et de ses exceptionnels acquis politiques, sociaux et économiques.
Quel modèle économique ?
D’après le gouvernement provisoire, pour 2013, la croissance ne devrait pas dépasser les 2,7%. A ce rythme là, la Tunisie, estime la BAD, devrait figurer bientôt parmi les 10 économies africaines les moins performantes. Or, sans une forte croissance (plus que 6% par an), la Tunisie ne pourra pas s’extraire de la crise actuelle, ni absorber la demande additionnelle d’emploi ! Or, pour l’heure, force est de constater que si les bailleurs de fonds sont au rendez-vous par le biais de lignes de crédit, les projets concrets, eux, ne se matérialisent pas et les investisseurs privés se font encore désirer… Car le contexte politique et social inquiète. Les réformes manquent de visibilité et prennent du retard. Censé simplifier les procédures administratives et compléter la palette des avantages et incitations fiscaux, on attend paradoxalement toujours le nouveau code d’investissement …
Le problème majeur enfin est celui du chômage. Au premier trimestre 2013, on s’approche de 19% de la population active. Près de 72% des chômeurs ont moins de 30 ans. Un tiers sont diplômés. Le problème du chômage réside dans la politique adoptée de l’éducation qui n’a absolument pas pris en compte le fossé qui existe entre les compétences des jeunes diplômés et celles qui sont recherchées par les employeurs du privé, de plus en plus orientés vers les nouveaux secteurs à haute valeur ajoutée (télécoms, services TIC, finance et énergie) .
Il va falloir maintenant cerner les principales contraintes à la croissance dans notre pays afin d’identifier les domaines où les réformes sont les plus urgents, puisqu’il est fortement admis que l’investissement dans le secteur privé est, en définitive, la clé d’une croissance économique durable. Investir est aussi nécessaire pour accroître la production et alimenter l’exportation de façon à ne pas exposer le pays à la cessation de paiement. C’est en même temps, pouvoir limiter la hausse des prix, sauvegarder le pouvoir d’achat et éviter une dégradation excessive de la monnaie nationale.
Nos entreprises souffrent également de la concurrence déloyale du secteur informel
Concernant ce secteur, il faut davantage porter l’attention non aux personnes qui en font une activité de survie, mais plutôt aux circuits en amont qui les alimentent et qui constituent un vrai danger pour l’économie nationale. Il ne s’agit pas de sanctionner les contrevenants, mais de provoquer la transition du secteur informel au secteur formel. Pour cela, les avantages que procure la légalité doivent être suffisamment attractifs et lisibles pour tous.
Heureusement, la Tunisie entame cette transition économique avec un certain nombre d’acquis : un PIB par habitant parmi les plus élevés d’Afrique, un niveau de développement socio-économique proche des pays de l’OCDE, une population jeune et éduquée… Idem, dans le domaine des TICs, la Tunisie affiche le taux de pénétration d’Internet le plus élevé d’Afrique à 48 %, contre une moyenne continentale de 9,6 %. Le secteur des télécoms pourrait continuer à faire l’objet d’investissements dans les réseaux de très haut débit, dans les fibres optiques, 4G ou LTE…
Un autre problème important requiert malheureusement du temps, mais conditionne néanmoins le redressement durable du pays et c’est pourquoi qu’il faut l’aborder sans retard. Il s’agit du système éducatif qui a connu une régression dangereuse en devenant une «fabrique de chômeurs». Idem, nos meilleures universités ne viennent qu’au 7000ème rang sur le plan mondial après l’Algérie, le Maroc et l’Egypte.
Aussi est-il indispensable, si l’on veut sauver notre pays, d’unir nos forces, de laisser de côté les problèmes doctrinaux et partisans et de s’attaquer à l’essentiel qu’on vient de décrire. Pour ce faire, il faut que les différents partis politiques s’habituent à travailler ensemble et à rechercher collectivement les meilleures solutions possibles pour le pays…
Hassen CHAARI
*Universitaire, Président de l’Association pour le Développement de la Recherche et de l’Innovation ADRI
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