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Tunisie – Où en est la violence sexuelle contre les femmes !

9 octobre 2012
in Divers
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L’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) a lancé, mardi 9 octobre, une campagne de sensibilisation contre la violence sexuelle à l’égard des femmes baptisée «Halte aux agressions sexuelles contre les femmes».

 La présidente de l’ATFD Ahlem Belhaj a indiqué lors d’une conférence de presse au siège de l’association que la violence sexuelle est «une violence refoulée et comporte une part d’humiliation», soulignant les difficultés de la société à reconnaître ce type de violence.

Symbolique profonde

Elle a fait état de l’insuffisance de la législation tunisienne en la matière en plus de l’inadaptation de l’appareil sécuritaire à recevoir les femmes violentées et le manque de spécialisation des corps judiciaire et médical.
Les résultats préliminaires d’une étude de terrain réalisée par l’association sur des cas de violence sexuelle ont été présentés à cette occasion.
Revenant sur le viol présumé d’une jeune fille par deux policiers début septembre, Mme Belhaj a indiqué que cette affaire qui a ému l’opinion publique comporte «une symbolique profonde, après que la victime du viol a été transformée en accusée, dans une tentative de la culpabiliser».
L’appareil sécuritaire, a-t-elle dit, doit être formé pour être en mesure de traiter ces cas, et pour qu’il ne soit plus à l’origine de cette violence.

Violences sexuelles

dans le cadre de relations incestueuses

La nouvelle campagne de l’association, a poursuivi Mme Belhaj, sera axée sur la violence sexuelle à l’égard des femmes dans le cadre de relations incestueuses, et sur les cas de violence sexuelle impliquant des agents de l’ordre.
La campagne, a-t-elle dit, vise également à «lutter contre toutes les tentatives visant à imposer un comportement rétrograde et un modèle de société légitimant la violence et les agressions à l’encontre des femmes».
Pour sa part, Mme Hayet Ouertani, psychologue, a relevé que les résultats préliminaires de l’enquête a porté sur un millier de cas, dont celui d’une fillette de trois ans, regrettant les difficultés à enregistrer des plaintes dans les postes de police, particulièrement si des agents de l’ordre sont impliqués.
Elle a également noté l’existence d’un seul service de médecine légale à l’hôpital Charles Nicole, en plus de l’incompréhension des familles et leurs pressions sur la victime pour qu’elle retire sa plainte sous prétexte de préserver «l’honneur» de la famille.
L’association a demandé l’activation de la stratégie nationale de lutte contre la violence à l’encontre des femmes, parallèlement à une action au niveau des appareils sécuritaire, judiciaire et médical, en plus de la promotion de la culture des Droits de l’homme dans leur dimension universelle.

Seuls 5% des cas de violences sexuelles avoués

Quant à la militante des Droits de l’homme Saida Garrach, elle a mis en cause «la mentalité prédominant depuis le 23 octobre 2011, une mentalité qui prône un discours contraire aux droits des femmes, et qui fait la promotion de l’infériorité de la femme», condamnant les déclarations du ministère de l’Intérieur dans l’affaire du viol présumé d’une femme par deux policiers.
Les résultats de l’Office national de la famille et de la population (ONFP) montrent que les cas de violence sexuelle représentent 15,7% du total des violences à l’encontre des femmes, et que 80% de ces cas ont lieu dans le cadre familial. Seuls 5% des cas de violence sexuelles sont avoués, relève Ahlem Belhaj.
L’Association tunisienne des femmes démocrates avait organisé en 2004 une campagne d’envergure pour la criminalisation du harcèlement sexuel, qui a abouti à la promulgation d’une loi en la matière. «Une loi qui reste insuffisante», regrette Ahlem Belhaj.

TAP

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