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Tunisie : Protection des enfants de l’exploitation économique

17 juin 2012
in Divers
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« L’exploitation économique des enfants », tel est le thème de la table ronde qui a été organisée, samedi à Tunis, à l’initiative du groupe « Jeunes leaders » de Tunis, en partenariat avec le bureau de Tunis de l’organisation « Search for Common Ground » (A la recherche d’un terrain commun).

« L’objectif de cette manifestation est de débattre de la situation des enfants qui travaillent dans différents domaines en Tunisie notamment dans le secteur informel et dont le nombre ne cesse de croître au cours de la dernière période », a souligné Hassen Jouhri, membre de l’organisation « Search for common Ground ».

« A travers cette rencontre, nous espérons trouver des solutions effectives pour lutter contre ce phénomène et protéger les enfants de l’exploitation économique et des dangers qu’ils encourent », a-t-il ajouté.

A cette occasion, Samia Doula, magistrate et présidente de cellule au centre des études juridiques et judiciaires a présenté l’état des lieux des lois et conventions concernant l’exploitation économique des enfants. Elle a fait savoir que la Tunisie qui a ratifié la majorité des conventions internationales relatives au travail des enfants devrait ratifier la convention internationale n189 relative au travail décent des travailleurs domestiques signée en juillet 2011 ainsi que le protocole 66/138 facultatif à la convention relative aux droits de l’enfant établissant une procédure de présentation de communication, publié le 19 décembre 2011.

Elle a souligné que des filles âgées, parfois de 12 ou 13 ans, sont condamnées à des peines de prison pour avoir commis de graves délits allant parfois jusqu’aux meurtres en raison de leur frustration ou de leur maltraitance.

Dans ce cadre, elle a mis l’accent sur la nécessité de revoir la législation tunisienne et de mettre en vigueur certaines lois qui sont restées inapplicables en raison de la non promulgation des textes d’application.

Il s’agit, également, de renforcer les ressources humaines et matérielles afin de garantir laprotection des droits de l’enfant et d’élargir la diffusion des droits de l’enfant, a-t-elle expliqué.

De son côté, Moncef Ben Abdallah, délégué de la protection de l’enfance dans le gouvernorat de Tunis, a mis l’accent sur le rôle des institutions notamment publiques dans la protection des droits de l’enfant.

Dans ce contexte, il a cité les institutions judiciaire, sécuritaire, médiatique, éducative ainsi que les structures sociales et les délégués de la protection de l’enfance.

L’intervenant a souligné que le nombre d’enfants pris en charge par les délégués de la protection de l’enfance ne reflète pas la réalité étant donné que le chiffre réel est beaucoup plus important et ce en raison du manque d’informations et de réclamations à ce sujet.

A cet effet, il a souligné la nécessité de porter plainte ou de présenter une réclamation quand un enfant est en danger, de sensibiliser toutes les parties notamment les composantes de la société civile, de renforcer le rôle des médias dans la sensibilisation et la diffusion des droits de l’enfant, d’amender les lois, de promouvoir les institutions chargées de la protection des droits de l’enfant, de renforcer le contrôle et d’examiner les mécanismes susceptibles de lutter contre

l’exploitation économique des enfants en tirant profit des expériences étrangères réussies dans ce domaine.

Moez Chérif, président de l’association de défense des droits de l’enfant a souligné que les violations des droits de l’enfant sont presque quotidiennes et ce, en l’absence de chiffres et d’études en Tunisie sur ce sujet. « Porter plainte ou présenter une réclamation concernant l’exploitation économique d’un enfant est un devoir national », a-t-il dit.

Il a, à cet égard, souligné l’importance du rôle dévolu aux établissements éducatifs, la nécessité de revoir le temps scolaire et surtout d’inscrire les droits des enfants dans la nouvelle constitution de la Tunisie.

Il a, par ailleurs, recommandé la création d’une instance constitutionnelle indépendante qui sera chargée de suivre l’application des droits de l’enfant en Tunisie.

Pour sa part, Soumaya Hlayem, pédopsychiatre à l’hôpital Razi, a présenté une intervention sur l’impact de l’exploitation économique de l’enfant sur sa psychologie et celle de son entourage ainsi que sur son avenir.

Dr. Hlayem a souligné que l’enfant, exploité économiquement, peut être maltraité physiquement et psychologiquement. L’exploitation économique peut avoir des conséquences négatives sur la croissance de l’enfant et sur sa santé et peut l’exposer à l’appauvrissement de la personnalité, à la frustration et aux troubles de conduites antisociales, a-t-elle indiqué.

La table ronde a été marquée par la diffusion d’une séquence vidéo comportant les témoignages de quelques enfants âgés de 13 et 14 ans qui travaillent en tant que vendeurs de roses ou papiers mouchoirs à l’avenue Habib Bourguiba à Tunis et réalisée par le groupe « Jeunes Leaders » de Tunis.

A noter que le groupe « Jeunes Leaders » de Tunis est composé de 23 jeunes âgés de 18 à 30 ans actifs dans la société civile et dans le cadre de l’organisation internationale non gouvernementale « Search For Common Ground », créée en 1982.

Cette organisation, qui réalise des projets sur le dialogue des cultures dans quatre continents, a ouvert un bureau en Tunisie en vue de faire participer les jeunes à la transition démocratique du pays à travers des conseils de jeunes répartis sur 14 gouvernorats de la République.

Source : TAP


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