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Tunisie: Quand la télé descend en-dessous de la… ceinture !

21 juillet 2012
in Chroniques
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Naguère, la presse occidentale était perçue du côté méridional de Mare Nostrum comme très libertine, trop dévergondée, trop obscène, pour ne pas dire trop perverse. On ne compte plus le nombre d’émissions ou publicités licencieuses et de journalistes qui rivalisent à qui mieux mieux

dans les tournures peu pudibondes. Et ce à des heures de grande écoute où les mômes sont censés regarder la petite lucarne en compagnie de leurs parents.

A côté de ces chaînes qui ont fait de la banalisation de la vulgarité leur fonds de commerce, la télé tunisienne apparaissait, il faut le reconnaître,  comme un enfant de chœur. Seulement voilà, ce temps est sur le point, si ce n’est déjà fait, d’être relégué aux oubliettes.

A trop vouloir imiter tout et n’importe quoi, à trop vouloir faire «in» et «original», à trop vouloir faire exploser l’audimat,  certaines chaînes tombent dans le piège du suivisme aveugle.  Et oublient que ce qui est valable, toléré et politiquement correct de l’autre côté de la Méditerranée ne l’est pas forcément sous nos cieux. Du coup, l’on tord le cou à la morale et à l’éthique censés être des valeurs cardinales dans toute société arabo-musulmane qui se respecte.

Sinon comment expliquer ces écarts de langage, ces vulgarités, ces obscénités qui, tel un éclair, commencent à «s’immiscer» dans nos plateaux de télévision, que ce soit sur Ettounissia Tv, sur Nessma ou même sur Hannibal TV.

Nombre d’inconditionnels des chaînes Nessma et Hannibal ont eu récemment la surprise désagréable de leur vie en écoutantles interventions choquantes de l’acteur Foued Litaïem puis de Hella Dhaouadi.

En effet, quelques jours après que cet acteur a dépassé toutes les limites de la décence sur un plateau de Nessma choquant même  par la vulgarité de son discours son collègue, le pourtant très audacieux Lotfi Ebdelli, la dénommée Hella Dhaouadi a choisi de l’imiter dans la bassesse de son discours.

Dans un des reportages de l’émission censée être culturelle «Bila Moujamala», l’animatrice n’a pas eu froid aux yeux de poser à l’artiste Saber Rebai la question le moins qu’on puisse dire indécente. «Est-ce que vous bandez ?», lui lance-t-il sans même sourciller !

Comme le reportage était enregistré, cette question choquante aurait pu être enlevée pour éviter d’agresser les téléspectateurs devant leur petit écran, mais du côté d’Hannibal apparemment personne ne contrôle rien et le mal est passé. Pire encore, au lieu de recadrer l’animatrice et la remettre en place, l’animateur de l’émission Walid Zaraa, ( qui ne connaît rien du journalisme parait-il tout comme sa collègue d’ailleurs) lui lance tout sourire sur le plateau où est-ce qu’elle est allée chercher pareille question ? Et Hella d’enfoncer davantage le clou. «Parce que les artistes tunisiens ne bandent pas !» Sans commentaire !!!!!!

Encore plus grave, les gestes et les discours obscènes commencent à toucher le domaine publicitaire. Cette orientation a été entamée à travers la pub d’une boisson gazeuse très prisée de la place qui fait parler d’elle. Sans doute pour faire le buzz, la marque n’a rien trouvé de mieux pour vanter son produit que cette campagne «Ma naamlouchay».

Cette marque a été imitée apparemment  par un  nouveau site de vente qui n’a pas hésité à glisser dans la bouche de jeunes (filles et garçons) qui ont assuré ses spots des sous-entendus bien salaces propres à faire rougir plus d’un pudique. Sous forme de dialogue, à travers un ton qui frise volontairement l’indécence, l’un des jeunes lance dans le spot: le second réplique : « Hechtihit…» et la fille de répliquer «Ahtih…»

C’est à croire que, depuis la révolution,  notre paysage audiovisuel se croit désormais tout permis en matière de liberté. Quitte à fouler au pied le code de la presse qui condamne pourtant très clairement ce genre de dépassements verbaux.

Il fut un temps où calomnier, invectiver, médire ou proférer des grossièretés dans la presse était presque impensable. C’était la sage époque où les chevaliers du verbe mesuraient leurs propos, tandis que ceux de la plume ciselaient, tels des orfèvres, leur prose. Mais ce temps est bien révolu! La révolution, à n’en point douter, est passée par là. Et c’est vraiment dommage!

O. D.

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