
Bakhti dans le coma
Dans tout pays « normalement constitué », un détenu quelle que soit la nature de son crime, jouit du « droit à la vie ». Il est, en d’autres termes, sous la responsabilité de l’Etat.
L’affaire du salafiste mort suite à un arrêt cardiaque provoqué par l’état critique dont il avait atteint après 57 jours de grève de la faim, suscite beaucoup d’interrogations.
Bechir Golli, décédé hier, aurait pu être sauvé comme c’est souvent le cas dans d’autres pays lorsqu’un détenu entame une grève de la faim. Les méthodes sont nombreuses comme lui faire ingurgiter par la force des aliments.
Et la question que l’on se pose est en rapport avec les degrés de responsabilités que chaque partie doit assumer.
Qui est responsable de cette mort ? Le directeur de la prison ? Les médecins qui auraient pu prendre des mesures d’urgence ? Le ministère de la Justice ? Celui des droits de l’Homme ? Tous sont responsables sous la bannière de l’Etat.
Bechir Golli revendiquait son innocence. Il n’a pas été libéré ! Mohamed Bakhti, actuellement dans le coma, revendique également son innocence dans les violences contre l’ambassade des Etats-Unis. Après 57 jours de grève de la faim, très affaibli et victime d’une hémorragie cérébrale, il serait cliniquement mort à l’hôpital.
Arrêté pour les raisons invoquées, il a été libéré le 13 novembre sans aucune raison alors qu’il était déjà dans le coma.
Quelle est la raison juridique de cette libération si Mohamed Bakhti reste suspect ? Et là, il serait intéressant de se poser la même question à l’envers : s’il a été libéré, c’est qu’il n’est plus suspect ? Et là, on peut également se demander pourquoi il a été arrêté si rien n’a été retenu contre lui ? A moins que ce ne soit pour des raisons médicales ?!
MC
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