
Il n’est pas besoin d’être un foudre d’intelligence ou être rompu aux arcanes de la chose politique pour comprendre que le maillon faible et le talon d’Achille du gouvernement est la communication.
L’homme qui en est responsable, en grande partie, n’est autre que monsieur Ridha Kazdaghli. Le conseiller auprès du Chef du Gouvernement chargé de l’information. Et si tous ceux qui connaissent cet homme reconnaissent ses qualités morales et sa grande culture, personne ne peut dire, à l’aune de tous les critères objectifs imaginables, que son inefficacité est sujette à caution.
Il est vrai que ce n’est pas une sinécure que d’assumer un dossier aussi lourd que celui de l’information en Tunisie, mais n’est-ce pas une vérité de La Palice que de dire que l’enjeu est de taille étant donné que l’image du gouvernement et du pays dépend, en majeure partie, de celle qu’on en donne justement, à travers les médias.
Or, la non connaissance du milieu, la mauvaise gestion des dossiers, les hésitations et les concessions injustifiables et injustifiées de ce conseiller à certains syndicats n’ont d’un coté, pas permis d’assainir le domaine de la presse tunisienne après la révolution et de l’autre porté préjudice au gouvernement et à sa souveraineté à un tel point que le citoyen lambda a l’impression que l’Etat est en totale déliquescence.
Et ce ne sont pas les exemples qui manquent de le prouver :
1/ Chaque nomination d’un responsable à la tête des institutions publiques ne cesse de provoquer une levée de boucliers alors qu’en Egypte par exemple vingt et un des responsables des journaux publiques ont été remplacés, dès potron-minet, sans que personne ne proteste.
D’ailleurs même en Tunisie, personne n’a levé le petit doigt après les nominations faites par le gouvernement de Béji Caïd Essebssi à la tête des médias publics.
Mais grâce à la « souplesse » de la cellule d’information de la Présidence du Gouvernement, ainsi qu’à ses choix parfois discutable, une seule nomination est devenue un sujet contestable, au conseil des droits de l’homme à Genève avec l’ancien président de l’Inric qui jouit toujours d’un certain nombre de ses anciennes prérogatives.
2 / La relation du conseiller Kazdaghli avec ce dernier revient à sa position, pour le moins, saugrenue, quant au rapport de l’Inric, qui, au moment où il recevait une volée de bois vert de la part des milieux médiatiques et académiques, le premier responsable de la communication au sein du gouvernement l’a considéré comme étant une entrée adéquate à la réalisation de la deuxième étape la concertation médiatique.
… Et cerise sur le gâteau, c’est que des symboles de l’ancien régime qui sont invité pour parler de la réforme de ce secteur, organisé par le Présidence du Gouvernement !
3/ Et ce n’est que l’une des « décisions révolutionnaires » du conseiller à y perdre son latin. En effet, comment se fait-il, sapristi, que celui qui est censé appliquer les lois, les transgresse pour jeter, sans rime ni raison, des perles aux pourceaux en accordant à « une membre » du syndicat national de journaliste la carte professionnelle, alors qu’elle ne répondait pas aux critères élaborés par ses pairs ? La mesure est vraiment comble.
4/ La mauvaise gestion des relations de la Présidence du Gouvernement avec les médias et les journalistes et la faible réactivité par rapport aux événements.
Cela dit, pour un tel poste, nul besoin de quelqu’un qui croise le fer à tout bout de champ, mais plutôt de quelqu’un qui soit de la paroisse, blanchi sous le harnais et qui, ferme sur ses étriers, mette les bouchées doubles, fasse preuve d’esprit d’à-propos, fasse diligence, n’hésite pas à prendre les décisions audacieuses, aussi discutables soient elles, et établir un profond dialogue, loin des écuries d’Augias et avec les parties professionnelles qui refusent toute instrumentalisation politique à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.
Dans le cadre du remaniement ministériel escompté, le chef du gouvernement devrait, toutes affaires cessantes, penser sérieusement à changer de stratégie communicative qui a fait long feu et ceux qui l’ont adoptée parce que toute la cellule de l’information au sein de la Présidence du Gouvernement est aussi responsable que son chef de ce fiasco…
Toute autre décision à ce niveau serait un cautère sur une jambe de bois. Le gouvernement risquerait alors de boire le calice jusqu’à la lie et, pis encore, y laisser ses plumes.
Belhassen Soua