
Attounissia TV a finalement diffusé l’interview de Slim Chiboub, qui avait suscité la polémique tout au long de la semaine.
Pendant plus de deux heures, les Tunisiens sont restés scotchés à leur téléviseur durant cette soirée du lundi 26 novembre, attendant des détails supplémentaires sur la fuite des Ben Ali et sur les conditions d’exil de son gendre Slim Chiboub, réfugié aux Emirats arabes unis. Mais à défaut d’être croustillantes, les révélations faites par l’ancien président de l’Espérance ST n’ont concerné que sa personne et surtout son désir de rentrer en Tunisie après près de deux ans d’exil.
Prêt à être jugé et à payer l’addition
Au cours de la première partie, qui a duré environ une heure, Attounissia TV a diffusé l’interview qui avait été interdite la semaine dernière avant d’être finalement autorisée.
Interviewé par Moez Ben Gharbia, Slim Chiboub débute l’entretien en revenant sur les conditions de sa fuite.
Parti le 12 janvier vers la Libye, il aurait eu, selon ses dires, l’intention de revenir en Tunisie le 14 janvier 2011, mais a été averti de la situation explosive et on l’aurait dissuadé de revenir. Depuis il s’est réfugié aux Emirats arabes unis.
Aujourd’hui, Slim Chiboub éprouverait le besoin de retrouver sa famille et s’est dit prêt à affronter la justice de son pays à partir du moment où il a la possibilité de rentrer en Tunisie. Il se dit prêt à être jugé et à payer l’addition.

Correspondance avec Samir Dilou
Des garanties ? Slim Chiboub infirme avoir demandé des garanties au gouvernement actuel pour revenir et ne demanderait qu’un passeport pour pouvoir retourner en Tunisie. Il déclare d’ailleurs avoir eu une correspondance avec le ministre de la Justice transitionnelle à ce sujet.
Lors de cette interview, le gendre du président déchu a accusé les pseudo-révolutionnaires qui ont retourné leur veste après avoir profité des avantages du régime de Ben Ali.
Sur son éventuelle implication dans le système instauré par l’ancien régime, Slim Chiboub a catégoriquement nié être en relation avec un quelconque réseau de corruption, insistant sur ses relations avec son beau-père, qui ne lui ont pas permis de s’enrichir.
Blanc comme neige ?!
Car selon lui, son mariage avec Dorsaf Ben Ali (en 1984) ne l’a pas servi en avantages et il affirme avoir toujours respecté les lois, défiant au passage n’importe qui ou n’importe quelle banque de prouver le contraire ou d’apporter la preuve qu’il a bénéficié d’avantages financiers ou de prêts.
Slim Chiboub nous apprend également qu’il était conscient depuis longtemps que le régime de Ben Ali allait s’effondrer un jour ou l’autre, affirmant qu’au fil des années il ne reconnaissait plus l’homme (Ben Ali) qu’il avait connu par le passé et que depuis 2001 il n’avait quasiment plus de contact direct avec lui.

Le clin d’œil à Radhia Nasraoui,
Hamma Hammami, Maya Jeribi
et aux islamistes
Dans cette interview enregistrée, Slim Chiboub lance également son ras le bol après 19 mois d’exil.
Au passage, il a fait un clin d’œil aux militants Radhia Nasraoui et Maya Jeribi, deux femmes continuellement harcelées par la police, par le passé, à Hamma Hammami, continuellement dans la clandestinité durant l’ère Ben Ali et aux islamistes qui ont du être confrontés à l’exil ou à la prison.
Slim Chiboub et les affaires
Dans la seconde partie de l’émission « Spécial Slim Chiboub » proposée par Attounissia TV, le gendre du déchu a répondu, en direct aux questions des téléspectateurs, posées par Moez Ben Gharbia.
Lors de ce live depuis Dubai, Slim Chiboub a réitéré son désir de retourner en Tunisie et de se confronter à la justice assurant n’avoir rien à se reprocher ni en ce qui concerne ses liens avec Ben Ali ni dans ses affaires.
Concernant ses affaires, il précise d’ailleurs qu’elles consistaient en des associations avec d’autres hommes d’affaires et que ses sociétés sont toutes à l’étranger et depuis toujours.

Slim Chiboub et Ben Ali… après le 14 Janvier
Slim Chiboub est resté très vague sur les conditions de la fuite de son beau-père estimant ne pas être assez informé pour décrire avec exactitude ce qui s’est passé la 14 Janvier 2011.
Il révèle également que deux ou trois mois après la fuite des Ben Ali, il est entré en contact avec l’ex-président pour discuter d’affaires familiales. Ce sera la seule fois où les deux hommes ont pu se parler après la révolution, selon lui.
Slim Chiboub et l’Espérance
Le football et l’Espérance Sportive de Tunis ont été également un des thèmes abordés lors de cette double interview au cours de laquelle il a exprimé sa fierté de voir le club qu’il a présidé durant 15 ans être resté au sommet et balayant d’un revers de la main toutes les accusations de corruption dans le domaine du football et du sport plus généralement.
M.C.
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