
La gifle, historique à plus d’un titre, que Fadia Hamdi a donnée au feu (c’est le cas de le dire) Mohamed Bouazizi, martyr symbole de la révolution
tunisienne, n’arrête pas de retentir et de faucher, jusqu’aux confins de la Syrie et aux portes du désert saoudien, après avoir détrôné deux indéboulonnables dictateurs arabes et menacé le règne de tant d’autres!Grand, par son impact et sa signification, ce soufflet, dont les raisons restent inconnues et alimentent encore la rumeur, voire l’intox, n’en continue pas moins d’étouffer l’écho d’une autre claque, que rien ne justifie,notamment avec le souffle de liberté et de légalité que connaît la Tunisie, à savoir la détention , soi-disant préventive mais ouvertement illicite, de Fadia Hamdi, agent de la police municipale de Sidi Bouzid.
Cette bonne femme, vouée ce jour à la vindicte populaire et à l’acharnement aussi illégal qu’immoral de l’appareil judiciaire tunisien, qui a participé, à sa façon, au déclenchement de la révolution tunisienne, ne mérite-t-elle pas un traitement ordinaire et juste, n’a-t-elle pas le droit à un procès équitable et transparent dans le cas où il est établi qu’elle ait commis une quelconque infraction.
Après tout, elle n’a égorgé personne ni perpétré un quelconque crime odieux. C’était juste une gifle, certes lourde de conséquences, mais sans commune mesure avec la poigne de la séquestration que subit Fadia Hamdi, au mépris de la législation nationale en vigueur et de toute moralité révolutionnaire. En outre, il est vraiment rarissime qu’on maintienne indéfiniment en détention préventive une personne coupable d’avoir décroché une gifle! Ce serait matière à jurisprudence!
Cette claustration a des relents de vengeance, une forme de représailles digne du goulag de Ben Ali. Un dommage collatéral de la révolution ? A moins qu’il s’agisse d’un réflexe par trop sexiste ! Ce n’est ni à la rue ni à l’opinion publique de faire la loi ou la justice et d’annoncer des verdicts quand bien même l’hypothétique débat de société que l’affaire suscite. La justice et la transparence sont les deux fleurons revendiqués, entre autres, par la révolution tunisienne. Ne nous trompons pas de combat, d’adversaire et de cible.
Même Mohamed Bouazizi qui s’était immolé pour protester contre l’injustice n’aurait jamais admis l’arbitraire et l’étranglement dont fait l’objet Fadia Hamdi. Il s’en serait assurément révolté ! L’esprit de la révolution tunisienne ne peut souffrir un tel piétinement en règle des Droits de l’Homme, de la primauté de la loi et de l’Etat de droit.
Soyons justes envers Fadia Hamdi, une citoyenne tunisienne qui a le droit d’être traitée en tant que telle et non comme une tunisienne de seconde catégorie, un sous-homme, une sorcière qu’on chasse ou une hérétique à brûler vive !
Soyons justes pour que la révolution triomphe sans dévorer ses objectifs et ses enfants !
Par Jalel Snoussi
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