
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi 28 novembre 2011 à la Faculté des lettres de la Manouba pour réclamer le droit des étudiants en niqab de suivre les cours et de passer leurs examens.
En fin de journée, la mobilisation des salafistes n’a pas baissé et le doyen de la faculté a été empêché de sortir de son bureau pendant plusieurs heures. Les extrémistes ont même apporté des matelas et des couvertures avec l’intention de passer la nuit à l’intérieur de la faculté et de poursuivre leur mouvement de contestation.
Suite à cet incident, M. Neji Djelloul, professeur à la faculté des lettres de la Mannouba, a fait le témoignage suivant:
« Merci aux étudiants de l’UGET qui sont venus nous soutenir hier à la Manouba. Mille merci aux jeunes du PCOT, de WATAD, du PDP, du Baâth et autres pour leur solidarité. J’étais avec le doyen séquestré et j’avais vraiment peur face à une meute qui n’avait rien à voir avec l’université: peu d’étudiants et beaucoup de voyous. On pensait avoir affaire à des étudiants et puis on était surpris par leurs demandes: séparation entre les deux sexes, affecter des enseignantes pour les filles, limoger les professeurs ennemis de la religion selon leurs normes.
Depuis 24 ans, j’ai vu passer des générations d’étudiants mais j’ai jamais vu ça. C’est la première fois dans ma vie que j’étais agressé verbalement par un étudiant; c’est la première fois dans ma vie que je vois un étudiant traiter une enseignante de putain; c’est la première fois dans ma vie qu’un étudiant insiste à me dire khouya et refuse le terme Ustadh; c’est la première fois que je vois le bureau du doyen violé de la sorte; c’est la première fois que j’ai senti qu’un de mes étudiants me détestait; c’est la première fois que j’ai vu autant de mépris pour le savoir, les bonnes manières le respect pour le plus âgé et pour les normes de propreté. Hier le hall de l’administration de la fac ressemblait à un dépotoir: c’est triste .»
Il est à rappeler qu’en l’absence d’un texte juridique spécifique sur le port du niqab, phénomène nouveau en Tunisie, les doyens de facultés peuvent s’appuyer sur une circulaire de 2005 obligeant à l’identification des étudiants.
Discussion about this post