
En ces temps de trouble, tous se veulent des politiques, des réformistes et des visionnaires. La politique ne s’improvise pas, c’est une vocation à part
entière, c’est une obsession et un sort pour ceux qui la porte en eux.
Pour moi, un Homme politique doit d’abord être un combattant, un coureur de fond, un lutteur de longue haleine. Sa vaillance et sa détermination se doivent d’être mise à l’épreuve par un long parcours semé d’exclusions, de répressions et d’exils de toute sorte.
La politique pour lui n’est pas un choix de carrière mais une fatalité, un destin qu’il accomplit. Pour lui, le pouvoir est un devoir et non pas une jouissance personnelle.
Dans le cœur d’un homme politique la peur a depuis longtemps cédé sa place à l’espoir. Il est d’un optimisme fou dans son action et d’un cynisme rare dans sa critique.
Il a le sens de l’Etat et porte en lui sa dignité et son orgueil. Il porte en lui les malheurs des moins chanceux et en prend acte, la gloire des plus méritants et en est fier. Il aime ses concitoyens d’un amour vrai et sans démagogie aucune.
D’un charisme utile et d’une clairvoyance prouvée, un Homme politique se doit d’être Calme face aux courroux, serein face aux critiques, lucide face aux attaques et tranchant quand il le faut. Il se doit d’être humble et reconnaître ses errements et se doit d’être assez prétentieux pour conquérir l’avenir.
Ses convictions sont le fruit d’un long combat intellectuel aiguillé par une longue expérience du terrain. Une fois acquise, elles lui collent aux trippes, l’habitent et l’obsèdent. Il ne peut en dévier sans risquer l’automutilation et l’incontinence psychologique.
Coriace, ni le temps, ni l’adversité ne peuvent altérer ses vues. Il croit que sa cause est juste et ne se plie que pour mieux la servir. Sa politique ne le sert pas mais c’est lui qui la sert. Il a de l’ambition, celle de mener son pays vers le meilleur.
Dans notre paysage politique d’aujourd’hui, peu sont ceux qui peuvent se prévaloir d’un tel profil. Un petit tour du côté de Wiképedia et nous saurons qui ont profité de la révolution pour se découvrir une vocation et présenter leurs candidatures d’embauche à des postes alléchants et désormais vacants et ceux qui ont consumé leurs vies pour leur offrir cette opportunité.
Hélas, les élections sont une question d’efficacité plutôt qu’une question de mérite. Alors n’allez pas vous étonner si vous vous retrouvez le soir du 24 juillet avec une assemblée constituante d’une majorité de bleus aux traits farouches dont la maturité politique n’excède pas celle d’un enfant né le 14 janvier 2011.
Par Zied Boumaiza
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