
Traqué par la police tunisienne depuis sa présumée implication dans les violences et l’incendie contre l’ambassade US dans nos murs le 14 septembre dernier, l’homme le plus recherché de la Tunisie continue de narguer les autorités. Sa dernière audace: accorder une interview à Mosaïque fm.
Abou Iyadh, puisque c’est de lui qu’il s’agit, vient d’accorder une interview exclusive au journaliste Nasserdine Ben Hadid pour le compte de Mosaïque fm, et dont la diffusion est normalement prévue aujourd’hui à partir de midi sur les ondes de la même radio, dans le cadre de l’émission « Midi Show ».
Dans cette interview accordée dans des conditions peu communes, le leader salafiste abordera nombre de sujets, à savoir sa cavale, le gouvernement, le remaniement ministériel, Ennahdha, l’Assemblée nationale constituante… Il évoquera également d’autres sujets brûlants, à l’instar des événements de l’ambassade US, les affrontements de Kasserine, les accusations portées contre Ansar Acharia dont les membres seraient armés, les agissements « terroristes » imputés aux jeunes de la mouvance salafiste…
Mais quand Seifallah Ben Hassine, alias Abou Iyadh, donne une interview, la prudence est toujours de mise. Pas question de faire confiance à qui que ce soit, même pas au journaliste en question.
L’interview, réalisée le mercredi 30 janvier 2013 à 21h30, aurait eu lieu vraisemblablement à Tunis ville ou dans une de ses banlieues proches et a duré 1h20 minutes, mais seule une heure sera diffusée après le montage.
Par mesures de précautions et pour ne rien laisser filtrer sur la cache du leader salafiste, on a bondé les yeux du journaliste sachant que lui même a demandé cette mesure pour afficher ses bonnes intentions et pour éviter d’être mêlé à d’éventuels problèmes si jamais Abou Iyadh se fera arrêter.
Après qu’on lui eut fait faire des tours en voiture à l’intérieur de la ville ou en banlieue (lesquels ont duré environ une demi heure, ce qui implique qu’on est encore à Tunis ville ou dans une banlieue proche), la voiture dans laquelle se trouvait le journaliste est arrivé au lieu où se cache Abou Iyadh et l’entretien a pu enfin commencer. La même procédure a été suivie lors du chemin de retour.
Notons que le 31 janvier, de grands renforts sécuritaires avaient été déployés dans la ville d’Hammam-lif où habite la famille d’Abou Iyadh. Objectif: coincer le leader salafiste lors des funérailles de son frère décédé au Maroc. Mais la moisson était loin d’être fructueuse.
E.M.
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