La Tunisie entend renforcer en 2027 ses capacités de lutte contre la criminalité, de surveillance des frontières terrestres et maritimes et d’anticipation des menaces, en misant sur la modernisation des équipements, la formation spécialisée et les nouvelles technologies.
La politique sécuritaire s’articule autour de trois axes stratégiques, selon le document « Projet du bilan économique 2027 », publié par le ministère de l’Économie et de la Planification, dont l’agence TAP a obtenu une copie.
Cybercriminalité, contrebande, migration irrégulière et catastrophes climatiques figurent parmi les principaux défis nécessitant une adaptation continue des moyens d’intervention. Dans ce cadre, la Stratégie nationale de lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme (2023-2027) sera poursuivie.
Le document rappelle également la mise en place de la Stratégie nationale multisectorielle pour la sécurité routière 2025-2034, présentée comme une première dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA). Elle vise à réduire de 50 % le nombre d’accidents de la route à l’horizon 2034.
Maintenir la sécurité publique
Le premier axe prévoit le renforcement des capacités opérationnelles, logistiques et numériques des unités sécuritaires. Il comprend la création de nouveaux centres, la modernisation des équipements et le déploiement de systèmes numériques pour lutter contre la cybercriminalité et le blanchiment d’argent.
La construction et l’extension de postes de police et de la Garde nationale sont également prévues afin d’améliorer la présence sur le terrain et de rapprocher les services de sécurité des citoyens.
Prévenir les accidents et mieux gérer les catastrophes
La sécurité routière reposera notamment sur l’installation de caméras et de radars intelligents, la révision des sanctions liées au contrôle technique des véhicules et l’actualisation du cahier des charges régissant le secteur des motocycles.
La Protection civile bénéficiera, pour sa part, de nouvelles unités, de technologies avancées et de moyens aériens supplémentaires, avec l’acquisition prévue d’avions bombardiers d’eau et d’hélicoptères de secours. Ces équipements doivent améliorer les interventions d’urgence et la lutte contre les incendies.
Améliorer la formation et les services aux citoyens
La construction de l’Académie de police des sciences sécuritaires à Enfidha, dans le gouvernorat de Sousse, est en cours. Une Académie de la Garde côtière est également prévue pour former les officiers de la Garde nationale aux missions maritimes, conformément aux normes nationales et internationales.
La plateforme de services administratifs en ligne sera enrichie de nouvelles prestations permettant notamment de prendre rendez-vous et d’effectuer les démarches relatives au renouvellement de la carte d’identité nationale et du passeport, ainsi qu’à l’obtention d’un certificat de résidence ou d’un bulletin de casier judiciaire.
Enfin, l’amélioration de l’encadrement social et sanitaire des agents figure parmi les priorités. Le projet prévoit la transformation de l’hôpital des forces de sécurité en hôpital universitaire doté du statut d’établissement public à caractère administratif (EPA), avant son évolution envisagée vers celui d’établissement public de santé, à l’instar des hôpitaux publics et militaires.
Ces orientations visent à moderniser l’appareil sécuritaire, à renforcer la prévention et les capacités d’intervention, tout en améliorant les services rendus aux citoyens et les conditions de prise en charge des agents.
Avec TAP

