Les désignations aux postes des chefs de missions diplomatiques et consulaires, révélées suite à une fuite à la presse, concernent environ 90% des postes à pourvoir.
La remarque la plus importante c’est que ces désignations sont à ce jour exclusivement réservées aux fonctionnaires du Ministère des Affaires étrangères, et cela contrairement à l’époque de Ben Ali durant laquelle la majorité des ambassadeurs et consuls n’étaient pas des diplomates et étaient nommés pour leur appartenance politique et leurs services rendus au régime.
Même s’il a pris un retard record dans les annales du Ministère avec ses conséquences sur la scolarisation des enfants des diplomates et le travail de leur épouse, le mouvement diplomatique aurait été accueilli favorablement au sein de ce Département dans la mesure où les diplomates ont retrouvé leurs rangs surtout que les postes les plus prisés ont été confiés à des diplomates de carrière aguerris et rompus aux rouages diplomatiques (Ottawa, Bruxelles, New York, Londres, Téhéran, Séoul, Beyrouth, Varsovie, Prague, Belgrade, Camberra…).
Néanmoins, malgré ces nominations record et révolutionnaires du ministère des Affaires étrangères, il faut avouer que certaines compétences auraient été évincées sans raison notable et que le taux de représentativité des femmes a été faible. La raison se trouverait probablement dans les critères pour l’élaboration de la liste des « ambassadrables » qui n’inclut pas le principe de discrimination positive en faveur des femmes diplomates.
Mais ce mouvement diplomatique, sans polémique particulière surtout au sein du ministère des Affaires étrangères, en cacherait un autre, plutôt politique, qui risque de susciter la controverse au niveau national.
Même si la part réservée aux désignations politiques est donc une première historique en Tunisie, avec moins de 10% des postes diplomatiques à pourvoir, il n’empêche que leur répartition continuera vraisemblablement à aiguiser les tensions au sein de la troïka et ne manquera de susciter les griefs de l’opposition, à moins que des personnalités, politiques d’abord certes, mais compétentes et consensuelles ensuite, soient désignées dans ces postes dits politiques, comme Washington,Tripoli, Rabat, Ryadh, et Ankara.
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