
Depuis les explosions à Jebel Chammbi, le pays est en proie à une menace terroriste à prendre au sérieux. La montée en puissance d’un discours violent et radical à l’encontre des forces de l’ordre et de l’armée qualifiées d’ennemis de Dieu et la confrontation avec ces groupuscules extrémistes risque de compromettre une transition démocratique boiteuse du fait de la généralisation et de la banalisation de la violence initiée par les ligues de protection de la révolution.
Les explosions ont fait plusieurs blessés et ont plongé la région dans un état de panique. La majorité des politiques a condamné fermement ce terrorisme et demande à ce que des sanctions exemplaires soient prises à l’encontre de ces ennemis de la nation et de la religion. Il faut être impitoyable à l’égard de ces nouveaux seigneurs de la terreur qui se livrent à de tels agissements et il appartient aux politiques d’en tirer les conséquences de leur connivence et de leur complaisance avec ces groupuscules violents et sanguinaires.
Avec la découverte de plusieurs caches d’armes, des cadres des forces de l’ordre ont tenté d’avertir les autorités politiques des dangers terroristes qui guettent le pays et ont insisté, après recoupement d’informations contradictoires, qu’il ne faut pas sous-estimer les menaces jihadistes.
« Voila ce qui arrive quand on essaie de flirter avec ces extrémistes et les caresser dans le sens du poil. L’ogre se retourne contre son bienfaiteur. Il faut de la force et de la volonté pour éradiquer ce mal », tance un policier dépité et désabusé.
La connivence et la complaisance de l’aile radicale d’Ennahda avec les extrémistes religieux n’est plus à prouver et les déclarations et les prises de position de Sadok Chourou et Habib Ellouze abondent dans ce sens. Le parti au pouvoir s’est souvent appuyé sur les extrémistes comme fer de lance pour intimider ses adversaires politiques et les incidents déplorables de l’ambassade américaine, un certain 14 Septembre, en disent long sur ce flirt amoureux et complice.
Les hostilités de Jebel Chaambi et le bras de fer qui se profile pour les assises salafistes à Kairouan prévues le 19 de ce mois renvoient la troika gouvernementale à une refonte de la façon dont elle gère ses relations avec l’extrémisme religieux, sa position vis-à-vis de l’utilisation et de la justification de la violence au nom de la religion et à la mise en place par les autorités d’une stratégie claire de lutte contre le danger terroriste.
Ce qu’il y a de frappant dans l’image des explosions de Jebel Chaambi relayée à travers les médias, c’est le serment de ces valeureux soldats et policiers blessés et amputés de continuer à défendre leur pays contre ces criminels pour éradiquer à jamais ce phénomène.
Un serment de courage, de bravoure et de patriotisme qui a triomphé de la peur et des menaces de cette caste d’hommes haineux, violents et sanguinaires qui se croient dépositaires du nouvel ordre religieux. Un serment suivi d’un élan de solidarité populaire sans précédent pour faire face à cette épidémie qui nous vient d’ailleurs.
Ils sont plus voyants et bruyants qu’ils ne sont nombreux et pour beaucoup d’entre eux, la violence est le seul moyen de communication. Dépourvus d’arguments, endoctrinés pour la haine et le refus de l’autre et entrainés à tuer, ces extrémistes sont en train de ternir l’image noble de l’Islam, un islam tolérant, un islam d’amour, de savoir et de pardon.
Des extrémistes et des terroristes qui sont à l’opposé des aspirations du peuple tunisien, qui en faisant sa révolution, revendiquait plus de justice, de prospérité et de liberté et le voilà sous la menace d’une caste qui appelle à une société profondément violente, intolérante, agressive et sanguinaire.
Jalel JEDDI
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